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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 15:57

(info : n'hésitez pas à cliquer sur les liens proposés. Vous découvrirez plein de nouvelles photos)

Comme écrit précédemment, le Nautilus Explorer ne suivit pas son trajet classique Guadalupe-San Benito. Le capitaine avait décidé de descendre le long de la Basse-Californie pour rejoindre l’Ile Cedros (l’île des cèdres) à 235 milles du port d’attache d’Ensenada. L’île est encore proche du continent, puisque seuls 24 kilomètres la séparent de la Basse-Californie. Nous sommes ici encore proche de la civilisation, puisqu’il y a un aéroport … et du réseau.

C’est donc sur Cedros que nous avons effectué nos premières plongées du séjour. Et ce sont les otaries de Californie qui en ont fait les frais.

Les premières otaries que nous avons eu le plaisir d’observer furent américaines. En effet, lors d’une balade sur la Marina de Shelter Island, à San Diego, pélicans, goélands et autres volatiles assuraient le spectacle aérien, alors que les otaries déambulaient parmi les bateaux en attendant le retour des pêcheurs, qui ne manqueraient pas de leur balancer quelques déchets poissonneux.

L’otarie de Californie (zalophus californianus), aussi appelée lion de mer de Californie (le Sea-Lion anglais) vit en colonies, le long des côtes californiennes américaines et mexicaines, jusque l’Alaska. Les otaries peuvent plonger à 80 mètres pour s’alimenter, mais ne s’éloignent guère des côtes qui les abritent. Leur régime se compose de divers poissons, calmars et bivalves. Leurs principaux prédateurs sont les orques et les requins. Longtemps chassées, les otaries sont désormais protégées par les lois américaines et mexicaines. Et tellement bien protégées qu’elles surpeuplent certains secteurs, et occasionnent de nombreuses nuisances. Des témoignages font même état d’agressions sur des nageurs en Baie de San Francisco.

Notre séjour en Californie, ainsi qu’à bord du Nautilus Explorer dans les eaux mexicaines, nous permit bien sût d’en observer en plongée, sur les îles Cedros, San Benito et San Martin, mais aussi sur terre, à Shelter Island, et à l’entrée du port d’Ensenada. Hors plongée, le plus impressionnant fut de les approcher de très près sur les rochers de La Jolla Cove, petite station balnéaire du nord de San Diego. Elles étaient quelques-unes affalées au soleil, baignées par l’écume de l’océan, et photographiées à tout-va par les visiteurs terriens. Il est même possible de les approcher en snorkeling en partant de la plage locale, si tant est qu’elles le décident.

bain de soleil sur les rochers de La Jolla Cove

bain de soleil sur les rochers de La Jolla Cove

Dans un post précédent, je faisais état de la disparition progressive des forêts de kelp ; cette algue pouvant atteindre 80 mètres de long est un terrain de jeu habituel des otaries. Les îles de San Benito ont récemment fait les frais d’un engouement nouveau pour les bienfaits du kelp, ou varech (alimentation, vitamines, …). Les forêts disparaissent peu à peu et l’intérêt d’y plonger avec. Pour cette raison, cette destination disparaît des propositions de Nautilus Explorer.

Ile Cedros : rendez-vous avec l’Otarie-Club

Notre première halte dédiée aux pinnipèdes fut donc l’ile Cedros. Quatre plongées y furent proposées, toujours au même endroit, à proximité d’une plage repère d’otaries, phoques et éléphants de mer. Les consignes étaient simples : se laisser emporter par l’effervescence provoquée par les jeunes otaries, mais faire attention aux femelles qui patrouillent et peuvent tenter d’intimider d’éventuels intrus, en de multiples et rapides va-et-vient. Une autre consigne tout aussi simple : « si vous rencontrez des éléphants de mer, passez votre chemin ! »

Ce sont les femelles otaries que nous vîmes en premier, quelques minutes seulement après notre mise à l’eau au départ du bateau. Telles des sentinelles, elles veillaient à la sécurité des jeunes, et nous ont en quelque sorte autorisé à avancer sur leur territoire. A partir de là, le festival commençait. Les jeunes, à la peau plus sombre, curieux, joueurs, inépuisables, nous gratifiaient de leurs interminables acrobaties : ça se mordille, ça se fait des mamours ; ça frôle, ça touche et ça goûte au plongeur.

effervescence chez les jeunes otaries

effervescence chez les jeunes otaries

Ces plongées sont indescriptibles : elles sont simplement extraordinaires.

Leurs passages incessants, leur danse perpétuelle, leur étonnement devant les dômes des caméras et appareils photos, sont autant d’attitudes qui rendent époustouflante cette proximité avec ses animaux, sauvages bien que peu dangereux, hormis pour les mini-caméras.

"Buenos dias buceador !"

"Buenos dias buceador !"

Cependant, lorsque l’on se fait charger par une otarie adulte, on ne comprend pas le message au premier abord. Tellement habitué aux arabesques et cabrioles des jeunes, on pense en premier lieu à une frasque supplémentaire, fluide et élégante. Mais après deux ou trois contacts très rapprochés, on s’aperçoit qu’il se passe un truc, et reviennent alors en mémoire les consignes du Dive Master : « alors que les jeunes vont venir très vite et très facilement à votre rencontre, ils seront précédés par les femelles qui viendront voir qui sont les intrus en approche. Par contre, si ces mêmes adultes multiplient passages rapides et allers-retours fulgurants, c’est pour signifier que vous êtes allés trop loin, que vous approchez des plages, et qu’il faut rebrousser chemin. »

Par contre, je ne m’attendais pas à me faire hurler dessus !

La tactique est simple : les adultes se montrent, puis se rapprochent, passent et repassent à la vitesse d’une torpille, et si l’intrus n’a pas saisi qu’il dérange, ils lui foncent dessus, en aboyant et l’esquive au dernier moment. Et je vous garantis que ça s’entend sous l’eau. Comme par magie, dès lors que nous changeons de direction, ils s’effacent du tableau et les jeunes réapparaissent.

Les trois plongées effectuées sur ce site furent toutes du même acabit. A part qu’à la troisième, l’eau étant d’une incroyable douceur, c’est en maillot de bain que je plongeai. Peu nombreux furent les candidats à une quatrième immersion : c’est que ça fatigue ces bêtes-là ! Lors de ces séjours underwater, nous eûmes à peine le temps de nous occuper des poissons Garibaldi à la plastique parfaite (hypsypops rubicundus, cousins de nos castagnoles), et des kelp bass ou bars de kelp (paralabrax clathratus).

Nous avions profité d’un long intervalle entre les deux premières plongées pour demander à Herman, le pilote du zodiac de nous emmener près des plages. Ce fut l’occasion d’approcher les éléphants de mer, de les observer et de les écouter quelques minutes. De braves bestioles ceux-là ! Les plus jeunes otaries, toujours en quête de sensations fortes, rejoignaient sans peur le sillage de notre esquif, ou nous entraînaient dans une course folle. Cette petite balade nous permit entre autres d’observer les pélicans locaux, le mélange des espèces sur les plages, et une attendrissante scène d’allaitement.

l'heure du bib'

l'heure du bib'

Le Nautilus Explorer quittait Cedros au tout petit matin pour rejoindre les îles San Benito, distantes de 25 kilomètres, vers l’ouest.

A suivre …

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commentaires

le colombien 27/11/2015 22:55

le texte est succulent, les otaries sont des poupées
bravo!

Bloc 18 29/11/2015 20:57

merci. Ce fut un vrai régal.

Pascal 27/11/2015 14:53

Hello. Et bien, il y en a qui ne se refusent vraiment rien. Après les grands requins, voici les otaries "aboyeuses" :-). Très belles photos, celles qui sont misent en lien. Bravo

A Vos Masques, Prets, Palmez !

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