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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 11:23

San Martin : la forêt rescapée

(n'hésitez pas à cliquer sur les liens proposés, vous découvrirez plein de nouvelles photos

Après cinq journées sur l’île de Guadalupe et moultes heures passées à observer les Grands Blancs (séjour qui fera l’objet d’un autre post), afin de couper le voyage de retour vers Ensenada, Captain Stefan nous proposait de plonger sur l’île San Martin. Après avoir voyagé toute la nuit, le Nautilus Explorer jetait l’ancre prés de l’îlot. L’intérêt de venir ici fut d’y découvrir une forêt de kelps géants, encore peu exploitée. Malgré la présence de pêcheurs/cueilleurs, le site reste très fourni.

Dès notre immersion, nous vîmes que la visi n’était pas au top. L’eau était trouble, limite laiteuse. Le ressac n’arrangeait pas les choses. Je doute d’ailleurs que l’on puisse avoir une bonne visi en ces lieux.

Le site offre une ambiance très particulière. Les kelps géants et les kelps à flotteurs (bull kelp), deux espèces différentes, s’entremêlent pour former une forêt dense, où l’on peut se perdre facilement. Nous n’y avons pas observé d’otaries, mais je subodore qu’elles, elles nous ont vus.

forêt inextricable

forêt inextricable

Pas aisé de déambuler dans ce dédale, sans se prendre les palmes, les flexibles ou tout autre ustensile dans les "feuillages". De plus, emportés par le courant, nous éprouvions les pires difficultés pour éviter le piège. Et garder son binôme à ses côtés s’avérait également compliqué.

D’ailleurs, les habitants des lieux ne s’en sortaient pas mieux que nous : une maman otarie y aurait perdu ses petits.

Malgré ces difficultés, le kelp restait très photogénique et proposait aux amateurs de véritables œuvres d’art.

kelp artistique

kelp artistique

De plus, le soleil, perçant l’épaisseur végétale, offrait de fabuleux jeux de lumières.

Quelques curiosités aussi agrémentèrent la plongée, notamment ces pierres qui semblaient en lévitation, soulevées par la légèreté du kelp qui s’en servait comme support.

Outre la énième raie guitare, il a été possible d’observer la faune locale, cette forêt étant très riche en biodiversité : bars, Garibaldi, bancs de poissons inconnus, anémones ou simples mollusques accrochés au kelp. Le plus surprenant fut sans doute ce cormoran plongeant à plus de 15 mètres, qui me surprit par sa soudaine apparition. Je compris ce que c’était lorsqu’il remonta en agitant ses ailes, pour s'évanouir dans le contre-jour. Je me retournai vers ma palanquée pour leur en faire part, mais ils crurent que je leur signalais la présence d’une raie manta. Avoir mimé la forme d’un bec ne suffit pas à leur faire comprendre de quoi il s’agissait, et le battement des ailes d’ajouter à la confusion.

Bien sûr … une raie manta au milieu du kelp !

La deuxième plongée ne connut pas de meilleures conditions : la visibilité restait médiocre, le ressac se renforçait, multipliant les particules en suspension. Je quittai délibérément le groupe, suivant une raie guitare, encore une, pour vivre à nouveau l’expérience de la plongée solo. Il y avait tellement de remous que des bouts de kelp gisaient ça et là. Idéal pour s’y empêtrer !

C’est d’ailleurs ce qui se produisit. A plusieurs reprises, je dus faire machine arrière pour tenter de sortir une palme, un phare, un bras de cet embrouillamini. J’en profitai même pour faire un selfie.

Avec la multiplication des particules, la luminosité et la visibilité se réduisaient, donnant l’impression d’être emprisonné. Une barrière semblait se dresser devant moi, la seule issue de secours se situant au sommet.

kelps avec vue sur le ciel

kelps avec vue sur le ciel

Sommet que j’allais devoir gagner pour terminer ma plongée. Parvenu au-dessus de la canopée, je voyais les longues tiges remonter à la surface, et même sortir de l’eau. J’eus la joie de croiser la route d’une otarie en mi-air mi-eau alors que le speed-boat venait me chercher.

Nous eûmes droit à une troisième plongée, sur un sec nommé Roca Ben, qui ne restera pas gravée dans nos mémoires, tellement la houle était forte. Descendus à 27 mètres (vivent les profils inversés), nous avions autant de difficultés à nous mouvoir que les Garibaldis. Même les pousses de kelp avaient l’air de souffrir. A 35 minutes, j’abrégeai ma plongée, fatigué de lutter contre les éléments. J’avais retrouvé le filin de la bouée, et c’était le principal. La direction de l’Explorer était retrouvée, j’y retournais seul, et effectuais mon palier accroché à la cage … pour le symbole.

Combo Guadalupe-San Benito : kelp et otaries, épisode 3

Là, s’achevait notre voyage sur le Pacifique, même si le trajet vers Ensenada allait encore durer quelques heures.

Notre périple, lui, entrait dans sa deuxième phase. Mais ceci est une autre histoire.

fin de l'aventure

fin de l'aventure

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