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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 17:49

En ce samedi 21 décembre, l’association Shark Mission France organisait une Conférence à l’Aquarium de Lyon.  L’intervenant Alessandro de Maddalena, éminent spécialiste des requins, allait nous « divertir « pendant presque deux heures.

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Pour cette plongée dans l’univers du Grand Requin Blanc d’Afrique du Sud, environ 80 personnes étaient présentes dans la salle de cinéma de l’aquarium : un succès pour l’un des responsables du site, qui organisait ce genre de manifestation pour la première fois.

 

Fabienne Rossier, présidente de Shark Mission France*, avant de présenter l’intervenant, rappelait les actions de son association pour la préservation des requins dans le monde.

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Alessandro de Maddalena, avant de s’attaquer réellement au grand blanc d’Afrique du Sud, rappela à l’assistance que la Méditerranée recèle dans ses eaux environ 50 espèces de requins.  Et le Grand Requin Blanc en fait partie. Cependant, il a pratiquement disparu. Espèce très commune il y a quelques décennies, le Grand Blanc est devenu rare en Méditerranée. Des endroits étaient même connus pour en abriter de nombreux, comme certaines régions de Croatie.

La principale façon d’étudier les requins en Méditerranée est de les étudier morts, car il est très difficile de les suivre dans leur milieu. Et aucune entité scientifique n’existe à ce jour pour mettre en place des études.

Le Grand Blanc est l’espèce qui interpelle le plus le grand public, notamment à cause des attaques médiatisées et de certains films à gros succès.

 

C’est dans la région du Cap, en Afrique du Sud, qu’Alessandro mène ses expéditions à la recherche du Grand Blanc. Simon’s Town, village régulièrement visité par les pingouins africains, se situe non loin de Seal Island (l’île aux phoques), dans la grande baie dite « False Bay ».

False Bay, connue pour ses tempêtes et ses naufrages, est un haut lieu de la vie marine : baleines franches, pingouins, albatros, dauphins (qui peuvent être des milliers), mais aussi requins : mako,  peau bleue, grisets et bien sûr Grand Blanc.

Seal Island abrite une colonie de 60 000 otaries à fourrure du Cap et une colonie de cormorans. Un véritable garde-manger !  articles-05-0283.JPG

 

Le choix d’Alessandro s’était porté sur l’Afrique du Sud, même si l’Australie, la Californie ou Guadalupe au Mexique, offrait aussi de bonnes possibilités pour l’observation des grands blancs. Mais surtout la région du Cap offrait les meilleures chances de rencontre dans des conditions optimales, à condition d’y être la bonne saison ; les sites d’observation, très proches de la côte, étant également un atout.

C’est avec Chris et Monique Fallows** qu’Alessandro de Maddalena mène ses expéditions. Ils proposent, par le biais de leur petite compagnie, outre une pseudo-plongée en cage ou un pseudo-snorkelling en cage, l’approche des requins en observant les sauts hors de l’eau et des scènes de prédation. De nombreux photographes professionnels font d’ailleurs appel à leurs services pour réaliser des clichés exceptionnels.

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Après cette présentation des lieux et des personnes, Alessandro a énuméré les techniques d’approche pour observer les requins.

La grasse matinée est à proscrire pour qui veut voir le grand prédateur, le grand blanc attaquant à l’aube. La lumière y est suffisante pour repérer sa proie mais insuffisante pour sa proie pour le voir venir. La vitesse et la surprise sont les éléments indispensables. Les proies sont surtout de jeunes spécimens, novices et moins puissants. Une fois sa proie prise dans sa mâchoire, le grand blanc la dévore très vite, pour éviter de se la faire chiper par un autre requin.

Pour repérer la présence du prédateur, il faut d’abord observer les oiseaux, qui débusquent, d’en haut, les requins en approche. Ceux-ci vont, après l’attaque et le festin, profiter des restes.

 

La meilleure période pour observer ses actes de prédation court d’avril à septembre. Après la naissance des jeunes otaries en novembre, celles-ci grossissent et s’entourent de gras jusqu’en avril. C’est là que les requins espèrent trouver le plus d’apport énergétique. Entre septembre et avril, les conditions climatiques changent, les courants apportent le plancton et les poissons qui s’en nourrissent près de la côte. Les requins, à cette période, s’approchent donc très près des côtes. Cependant, les accidents sont rares, car les gens sont bien informés et la présence des squales est acceptée.

 

Continuant son exposé sur les techniques de chasse (repérer les otaries seules), sur les leurres utilisés pour photographier les sauts hors de l’eau (utilisation d’une otarie en néoprène), sur la taille des requins de False Bay (les plus grands d’Afrique du sud, entre 3.20 et 4 m, le plus grand observé mesurant  5 m), Alessandro dut faire face à un micro défectueux et un ordi récalcitrant. Il se permit même quelques traits d’humour, quand il nous assura que les photographes n’étaient pas des sadiques parce qu’ils attendaient que les otaries se fassent happer et dévorer (voir la vidéo).

 

Il parla aussi (je ne vais tout relater ici)

- des possibilités de faire des photos exceptionnelles des requins en plein vol

- des conditions de « plongée » en cage, ou la visi est beaucoup moins bonne qu’à Guadalupe

- de l’appâtage, qui à une époque proposait du foie de requin, technique officiellement abandonnée aujourd’hui

- des bonnes techniques pour ne pas modifier les comportements des prédateurs,

- des prises de renseignements à chaque sortie pour alimenter une grande banque de données,

- de la stabilité des populations de grands blancs en Afrique du Sud, alors qu’en Méditerranée, on estime une baisse de 80% des effectifs depuis le début du 20è siècle,

- du risque de voir la protection des grands blanc remise en cause en Australie

 

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« si quelqu’un m’avait dit, un jour, tu prendras la photo du requin blanc qui va toucher le soleil avec sa queue, … je ne l’aurais pas cru »

 

 

La conférence se poursuivit par le jeu des questions réponses.

Une question l’embarqua dans une diatribe contre le marquage des requins de façon invasive, qui présente un danger pour le requin mais aussi pour l’homme ; il dénonça par la même occasion la chasse aux moyens financiers, la recherche de notoriété par des moyens plus que douteux et pour des résultats sans grand intérêt.

Une autre question aborda la survie des jeunes, l’absence de prédateur du grand blanc, l’existence de nurseries, ce qui lui permit de mettre un terme à une légende : le cannibalisme intra-utérin. Non, nous n’avons aucune preuve de cannibalisme intra-utérin chez le grand blanc. Par contre, cela existe chez le requin taureau (carcharias taurus).

Enfin, ayant en tête les images sensationnelles des « Sardine Run », je demandais si les grands blancs participaient à ces frénésies rassemblant de nombreuses espèces de prédateurs le long des côtes sud-africaines. Les Grands Blancs participent en fait très peu aux « Sardine Run », ils y ont été très peu observés. Le grand blanc préfère des poissons plus gros.

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Pour finir, il dédicaça les quelques livres qu’il avait apportés et se prêta aimablement à quelques discussions « en privé » et quelques photos.

 

Un grand merci à cet excellent orateur, qui par son accent et certaines de ses « traductions », donna à cette conférence un petit côté exotique.

Et un grand merci à Shark Mission France pour nous avoir rendu possible cette rencontre.

 

Quelques extraits ...

... et l'album photo en suivant le lien :

https://www.facebook.com/bloc.dixhuit/media_set?set=a.561616663914953.1073741832.100001998732783&type=3

 

* http://sharks-mission.fr/

   https://www.facebook.com/sharksmissionfrance

 

**http://www.apexpredators.com/

 

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Bloc18 Ray Manta - dans Rencontres
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Courtial 23/12/2013 20:55

Très intéressant ; bien écrit. Merci !

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