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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 17:35

 BROTHERS ISLANDS , le B de BDE

 

 Après ces belles plongées sur Daedalus Reef, et notre "crépusculaire" sur Elphinstone, nous voguions vers les Iles Brothers, encore cinq heures de navigation de peu de repos ... et de nuit. Peu de repos, because, dormir en cabine, au niveau de l'eau, et à l'avant, je vous garantis, c'est sport. Expérience perso. Petite cabine, donc couchettes semi-superposées, je "dors" en haut. Le bruit de la navigation, ajoutée au hurlement de la clim qui se déclenche automatiquement à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, ça m'a permis de ne pas entendre les ronflements de mon co-loc, et à mon co-loc de ne pas entendre les miens. Enfin, quand j'arrivais à m'endormir. Parce qu'à plusieurs reprises, j'ai carrément fait des bonds dans mon lit, à cause du choc de l'étrave sur les vagues. Heureusement qu'avec mes grandes jambes, j'ai pu me coincer entre le plafond et la couchette. 

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 Bon, vers 2 heures du mat, on arrivait sur les Iles Brothers. Ces deux énormes rochers émergent de l'eau, remontant de plus de 500 mètres de profondeur. Deux îlots, où il n'y a rien, excepté un phare (construit par les Anglais en 1880) sur Big et quelques monticules de cailloux sur Little.

Big Brother pour commencer : 300 mètres d'aridité en longueur, un phare que nous n'avons pas visité (paraît qu'ils sont pas sympas), deux tombants exposés aux courants, un platier parsemé de buttes, deux épaves.

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5 heures du mat, réveil et "Briefiiiiing !" Toujours un superbe plan détaillé du site, mieux qu'un GPS !

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Ce jour-là, je retrouve un binôme habituel, Manu (eh oui, encore un photographe). L'avantage de plonger avec un photographe, c'est qu'il a les mêmes réflexes que vous (en théorie). Il sait vous attendre quand vous savez l'attendre, il comprend que l'on puisse rester plusieurs minutes au même endroit pour parfaire les prises de vue.

Donc, briefing sur Big Brother, notre neuvième plongée, et là une vieille chanson de Eurythmics me revient  : "nineteen eighty-four "

 

Je vois que, dans l'assistance, beaucoup arborent fièrement le tee-shirt acquis au phare de Daedalus. 

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On nous promet du requin gris, du napoléon, de la tortue, de la murène, sur un beau tombant exposé  au soleil matinal. Puis visite du platier sud, sauf en cas de fort courant.

Nous voilà immergés, quelques minutes de descente tranquille, et voilà qu'un énorme napoléon passe la palanquée en revue, nous frôlant les uns les autres. La dernière fois que cela m'était arrivé, c'était à Elphinstone, en 2008, et j'en avais gardé un excellent souvenir. Dire que ce poisson, aussi nommé "labre géant", est de la même grande famille que le labre nettoyeur, que l'on a pu voir sur une murène (voir article précédent).

Je vous livre la vidéo de la rencontre : admirez son gros oeil-boule de billard qui me surveille, et la magnifique chorégraphie de "plongeur DDE". Mimétisme sans doute ?

 

Dans  la foulée, à l'approche du platier vers 25-30 mètres, c'est une tortue qui se donne à nos objectifs, encore un repas de corail-brocoli.

 
 
 

Je m'attardais quelques instants sur l'animal, quand je sentis une agitation autour de moi. Je me retourne et je vois un requin gris longeant le platier et venant vers nous.

 

A ce stade, je dois faire un petit apparté :  je n'avais jamais rencontré de requins en plongée avant cette croisière, et je me posais souvent la question de savoir quelle serait mon attitude le jour venu. Il est vrai que l'on en a entendu tellement sur les requins, prédateurs cruels et assoiffés de sang, notamment après les événements récents survenus en Mer Rouge. Donc, sans vraiment angoisser (j'ai lu aussi beaucoup de bonnes choses à propos de ces rescapés des temps préhistoriques), j'étais impatient, et surtout curieux de connaître ma réaction.  Pas en ce qui concerne les marteaux, parce que, pour je ne sais quelle raison, je ne les classe pas dans la même catégorie que les autres requins. Bref, mes interrogations concernaient surtout  ceux qui ressemblent au "Great White" en miniature, à un requin avec une forme de requin en somme.

Je me retourne donc, et vois ce requin gris de récif (carcharinhus amblyrhynchos) comme dénommé dans le "guide du récif corallien-Mer Rouge" de Debellius", que j'avais feuilleté avant la plongée. Et quelle fut ma réaction : instinctivement, j'ai suivi sa trajectoire longeant le récif. Après 2-3 secondes, il change de direction et vient vers nous. Là, je me stoppe et observe : "approche, approche mon gaillard", et  pfuit ! en un quart de seconde, il se retourne, et reprend son chemin. Waouw ! Brève, mais géniale rencontre.                       

 J'y pense encore aujourd'hui, la preuve, je suis devant mon écran à essayer de trouver les mots pour relater les faits. Les deux clichés que j'ai juste eu le temps de prendre ne sont pas supers, mais resteront les premiers témoignages de rencontre avec un "vrai" requin. Et, surprise, je viens de lire dans un bouquin "Guide des poissons des récifs coralliens" : "c'est le requin le plus susceptible d'attaquer les plongeurs". Glurps, petite frayeur à retardement. Je regrette donc une chose au niveau du briefing , c'est que l'on ne donne aucune consigne aux plongeurs en cas de rencontre de requins. Ce qui peut paraître évident pour un habitué, ne l'est peut-être pas pour un novice.

En tous cas, j'ai eu la réponse à ma grande question existentielle.

MEME PAS PEUR !!! (bon, c'était pas un requin tigre non plus ... mais quand même !) 

 

 

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  requin gris de récif, aussi nommé requin dagsit, requin gris, requin de récif, reconnaissable à sa première nageoire dorsale bordée de blanc, et sa caudale bordée de noir 

 

  Nous nous dirigions ensuite vers le platier à la recherche des deux buttes, la première se situant à -25 mètres. Un énorme courant arrivant du tombant ouest nous poussait vers ces buttes, décision fut prise de rebrousser chemin, décision déjà prise par les palanquées nous ayant précédés. Juste le temps d'apercevoir un autre requin, furtif, qui se faufilait entre les-dites buttes, à priori c'était un requin renard (témoignage des premières palanquées). Notre plongée se poursuivit en remontant le tombant ouest, face au courant, pour rejoindre le bateau. Durant cette remontée, murène, jeune poisson faucon tacheté (cirrhitichthys aprinus), poissons lézards (saurida gracilis)  et mérou loutre (epinephelus taurina) se sont offert à mon APN

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Première plongée sur Big B, bien sympathique, mon premier requin de récif à -39 mètres, un napo très cool. On attend la suite avec impatience. Le tombant ouest, avec deux épaves : le Numidia et l'Aïda.

Le Numidia, cargo anglais de 130 mètres de long. Il effectuait son premier voyage depuis Glasgow, avec une cargaison de matériel pour les chemins de fer indiens à Calcutta, quand il s'échoua sur le plateau nord de Big Brother. Il coula le 21 juillet 1091. Il gît sur le flanc tribord entre 15 et 80 mètres.

L'Aïda, au nord-ouest, est un navire égyptien transporteur de troupes de 75 m, qui a sombré par mauvais temps en 1947, alors qu'il effectuait la relève de la garnison du phare. L'épave est positionnée verticalement, l'arrière au plus profond (60 m) et l'avant fortement détérioré vers 25 m qui permet un accès facile aux cales.

 

Consigne était donnée de ne pas descendre au-delà des 40 mètres. Pourtant la carcasse du Numidia nous appelait. Je ne suis pas un grand fan des plongées profondes, avec 15 minutes au fond et 25 minutes de paliers ; mais avec une plongée programmée que sur l'épave, avec possibilité de descendre, ça pourrait être bien sympa, surtout avec cette visibilité. De toutes façons, durant cette croisière, le Nitrox nous limitait de même que la législation égyptienne.

Lâchés près du récif, nous gagnons rapidement l'épave à -15 mètres, le temps de croiser un beau barracuda, bien balaise. Une petite visite des lieux, concrétions et poiscaille à gogo.

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 Nous descendons jusque 40 mètres, un petit coup d'oeil à l'intérieur, pour voir le matériel ferroviaire, puis nous remontons tranquillou, accompagnés d'un couple improbable...

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...qui va nous suivre pendant un petit moment.

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Nous passons ensuite à proximité de l'épave de l'Aïda, posée vers -30 mètres à la verticale.

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Un vieux gros thon  passe dans le bleu. Que personne ne se sente visé !

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Mais encore une fois, c'est le requin gris qui va apporter le petit quelque chose qui rend une plongée inoubliable. La bébête nous passe à quelques mètres ( entre 10 et 15, difficile à dire), moment magique.

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articles-01-1541--copie-1.jpgPuis deux cochers  viennent nous faire la bise, trop mignons. Salut les amoureux !

articles-01-1546.jpg                    Poissons cochers de Mer Rouge (henochius intermedius)

Et encore une petite surprise avant la fin de notre plongée: une tortue vient carrément vers nous (elle aussi, MEME PAS PEUR !), poser telle une diva. Là, on avait un bon feeling.

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Arrivé à 50 bars, nous effectuons un palier de sécu au niveau du ponton du phare, puis nous nous éloignons du récif et émergeons, pour être récupérés par le zodiac.

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Après cette plongée, nous quittons Big Brother pour le petit frère, à 30 minutes de navigation, où nous effectuerons quatre plongées. Nous laissons derrière nous d'excellents souvenirs de rencontres subaquatiques : requins gris, napoléons, tortues, thons, barracudas.

 Du gros, du gros et encore du gros !

 

Avant le départ de France, on m'avait promis que j'allais m'éclater dans cette croisière. Promesse tenue ! Et ce n'était pas fini.

 

A SUIVRE ...  

 

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commentaires

raymanta 29/06/2011 16:39


@Air-One : plongeur, photographe, blogueur; ben oui, j'ai plusieurs casquettes! (double arfff)


raymanta 29/06/2011 16:37


@ Fred : les seuls que j'ai entendus "causer", ce sont les poissons clowns !!! J'y reviendrai.


Air - One 28/06/2011 13:04


Encore un magnifique article monsieur bloc18... chapeau !! (aarrrfff !!!)


FredMJG 28/06/2011 12:21


C'est moi ou ils n'ont pas l'air super causants ?


A Vos Masques, Prets, Palmez !

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