Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 19:54

En juin dernier, lors de notre plongée sur la Zone Interdite  du Grand Congloué, puis le repas qui suivit, avec des anciens de la Calypso, il me fut permis d’approcher ce que l’on a coutume d’appeler des "personnalités". Parmi elles, Francis Leguen , Gaby Di Domenico, François Dorado et André Laban, dont j’avais déjà croisé la route en 2014. J’avais, cependant, à cœur de rencontrer l’auteur d’un livre dont j’avais entamé la lecture, "Cousteau, 20 000 rêves sous les mers". En prévision de cette rencontre avec Franck Machu, j’avais en tête plusieurs questions à lui poser au sujet de son bouquin. Petit à petit, c’est une véritable interview qui prenait forme dans ma tête.

depuis-avril-2014 0016

 

Cette journée fut si riche en évènements, rencontres, discussions ou échange de souvenirs, que l’occasion de s’isoler quelques minutes avec Franck ne se présenta pas. Mais autre chose germait en moi : l’idée d’une interview à distance, les possibilités technologiques d’aujourd’hui permettant ce genre de choses. Franck prit tout de même le temps de me dédicacer son livre, et de répondre à quelques questions qui me brûlaient les lèvres. Par contre, nous nous mîmes d’accord pour cette interview via le net.

 

depuis-avril-2014-3218.jpg

 

Une fois ma lecture achevée, je rédigeais mes questions et les lui envoyais, en insistant bien sur le fait qu’il pouvait dévier du sujet de départ si c’était nécessaire, ou si le cœur lui en disait. Il a mis du temps à me répondre, mais l’attente fut récompensée.

Et il ne s’est pas privé de dévier quelque peu ! D’ailleurs sa réponse commence par : "Ça risque d’être un peu long. Mais tant pis pour toi… fallait pas demander."

 

Au vu de sa prose à rallonge, je pensais, dans un premier temps, réajuster le texte en y incorporant de nouvelles questions, mais finalement, je me suis décidé de vous livrer tel quel.

 

 

 

 

« -Comment te sont venues l’envie ou l’idée d’écrire cette histoire si riche ?

 

Ça risque d’être un peu long. Mais tant pis pour toi… fallait pas demander.

Dès l’école primaire, peut-être même dès la maternelle, j’étais tellement passionné par cette histoire, que je racontais à tous mes copains que j’étais allé sur la Calypso. Un peu mytho le tout jeune Franck ! Mais c’était tellement puissant pour moi, que si je mentais, ce n’était que provisoire, un jour ça serait vrai. C’était obligé.

J’ai grandi loin de la mer, à Paris et à Lille. J’ai découvert une autre activité que la plongée, plus facile à pratiquer sur la côte d’Opale et la côte flamande : la planche à voile, une véritable passion dévorante là aussi. Ça m’a permis de survivre au fait de ne pas être à bord de la Calypso, mais ce bateau et son commandant me hantaient.

J’ai harcelé ceux, parmi mes proches, heureux possesseurs des premiers magnétoscopes. Il me fallait tous les films Cousteau qui passaient à la TV. J’en étais malade lorsque je manquais un film, lorsqu’un inconscient manquait de programmer le bon jour ou la bonne chaine, ou lorsqu’il manquait ne serait-ce qu’un générique ! J’ai toujours eu cet esprit collectionneur... rassembler tout ce qui traite d’un sujet qui me passionne… S’il manque un arbre, c’est toute la forêt qui est défrichée. Un peu "polar" l’ado Franck. Aïe ! Ça ne s’est pas arrangé avec l’âge.

Rêvant à devenir le nouveau André Laban ou le successeur de Jean Mollard (les deux concepteurs de la soucoupe plongeante), j’ai choisi des études d’ingénieur en Génie Marin, et devine où ? A Marseille bien sûr, à l’ESIM, devenu Centrale Marseille depuis, la même école que Jean Mollard… je ne le sus qu’en l’interviewant en 2006.

 

1990 : coup de foudre pour Marseille, pour ses calanques, et premiers pas en plongée, enfin ! Des années magiques ! Le rêve de bosser dans l’ingénierie marine n’avais jamais été si près de se concrétiser, et en attendant Cousteau, il y avait la COMEX. J’y ai fait mon stage de fin d’études d’ingé, au moment même où se déroulait l’expérience de plongée à 700m  HYDRA X, mais aussi à la fin d’une période difficile pour Delauze, qui au moment même où je décrochais mon sésame, et où j’avais un pied dans la place, annonçait la cession de Comex Services au groupe luxembourgeois Stolt Seaway. Patatras ! Il n’était plus question d’embauche mais de débauche. Une bonne partie des ingénieurs Comex attachés à Marseille quittaient le navire.

Je me suis consolé en allant faire un service civil de 16 mois à Mayotte, pour mener des projets en énergie solaire pour l’Ademe. Je me suis gavé de plongée et j’y ai vécu une période magique dans ce confetti d’Afrique cerclé d’un des plus beaux lagons du monde.

Et Cousteau dans tout ça ? Toujours aussi présent, mais en 1995, à mon retour de Mayotte, j’étais déjà papa, et j’ai dû me résoudre à endosser l’uniforme d’un jeune cadre dynamique dans l’industrie offshore. Par chance, j’ai pu éviter Paris, et j’ai commencé à travailler à Béziers, chez un des leaders mondiaux du matériel de forage en eaux profondes. Cinq ans, où il fallait bien faire vivre ma petite famille en rêvant devant les films Cousteau, suivi d’un nouveau boulot à Nantes dans la construction de plateforme et les équipements de navires. Entre temps, en 1997, Cousteau mourrait, et avec lui le rêve lointain d’intégrer l’équipe mythique s’évanouissait un peu plus. Mais je continuais à vivre le rêve par procuration devant les films. J’ai continué à collecter tout ce qui me manquait. J’ai fini par amasser une documentation conséquente et par lire tout ce qui existait sur le sujet.

Un jour de grande lassitude de ma condition de technicien de la chose pétrolière, alors que je venais de relire "La Passion du Bleu" d’André Laban, je me suis décidé à lui écrire une longue lettre. Je lui exprimais mon admiration pour l’œuvre de l’équipe Cousteau, je prétextais un soi-disant livre, vague projet pour donner un tour sérieux à mes questions de fan. L’envie d’écrire avait toujours été présente mais tellement éloigné de mon activité industrielle quotidienne.

Puis un soir, de retour d’un dimanche radieux fait de nage et d’apnée dans les eaux de Noirmoutier, j’écoutais un message laissé sur mon répondeur téléphonique : André Laban, d’une voix douce et néanmoins terriblement intimidante, proposait de me rencontrer. Une éclaircie dans ce soir de veille de retour au bureau. Je ne pus fermer l’œil de la nuit, agité par une cogitation exacerbée. Le lendemain je le rappelais, fébrile. Bingo ! Non seulement il proposait de le rencontrer, mais il m’invitait chez lui, à Saint Antonin Noble Val ! Le sol tremblait, le ciel se teintait d’azurs lointains. J’étais le plus heureux et le plus anxieux des écrivains usurpés, pris à mon propre piège. Le bras droit de Cousteau me proposait son aide pour écrire un bouquin dont je ne voyais même pas les premiers contours.

Je l’ai rencontré un mois plus tard. Ce qui m’a laissé le temps de murir mon idée. Pourquoi et comment Cousteau et son équipe m’ont-ils tant marqué ? Réponse : parce que l’Odyssée, parce que les films. Rien parmi mes lectures ne m’en avait beaucoup appris sur la réalisation des films, sur le travail de cinéaste de Cousteau. Et pourtant, peu de cinéastes ont fait autant de films, et peu ont autant marqué et influencé une génération. Je tenais mon sujet.

 

- Quelles sont les premières personnes rencontrées ? Quel a été l’accueil à ce projet ?

 

J’ai donc passé une journée entière chez André Laban en août 2003. Des heures de discussion avec ce monsieur incroyable. Intimidant mais totalement charmant. Erudit, facétieux, artiste et technicien hors pair à la fois. Capable de démontrer le théorème de Pythagore avec trois formules de collège, de traduire les inscriptions latines des murs de Saint Antonin, et d’interrompre son récit d’un calembour sorti de ses songes. Je découvrais que Laban avait vraiment inventé les caméras Cousteau et qu’il était capable de m’en dire plus que n’importe qui sur "Le Monde du Silence". Mon thème cinéma était bien parti.

Lorsque nous nous sommes quittés, il m’a donné rendez-vous pour le Festival de l’Image Sous-Marine d’Antibes, à la fin octobre, où il exposait ses toiles chaque année. Il avait des gens à me faire rencontrer…

Fidèle au rendez-vous, il me reçut comme un vieil ami. Et dans la même journée, il me faisait rencontrer sur son stand Albert Falco, Jean-Michel Cousteau, Michel Deloire… Mes pieds ne touchaient plus par terre.

Lorsque le député maire d’Antibes, Jean Leonetti, en visite du Festival, guidé par Daniel Mercier, sous les flashs des photographes, venait saluer Cousteau, Laban et Falco sur le stand Laban, j’étais installé dans les sofas à discuter le bout de gras avec Jean-Mine et Bébert… J’étais dans le film…Leonetti dû me prendre pour un calypsonaute.

 

- Des personnes ont-elles refusé de te rencontrer, et pourquoi ?

 

Laban m’a ouvert son carnet d’adresse. Je téléphonais à Jacques Renoir, à Bernard Delemotte, à Jean Mollard, avec le meilleur des mots clés : "… de la part de Laban".

Un seul a eu des réticences. Armand Davso, et sa femme Nicole, des intimes de Cousteau et de la Bergère. J’ai su après qu’ils me prenaient pour un journaliste qui voulait faire un papier polémique, en pleine affaire Calypso à la Rochelle… Par la suite, ils ont compris ma flamme et ma motivation, et ils m’ont accueilli chez eux à Monaco. Un moment magnifique.

 

- Tu as du rencontrer pas mal de monde. Quelle est la personne qui t’a le plus surpris ?

 La personne la plus en décalage avec ce que tu attendais ? 

 

Laban est bien évidemment l’une des plus belles rencontres. Et il ne cesse de me surprendre encore 11 ans après. Je n’ai pas fait le compte des personnes rencontrées. Mais il y a bien sûr des moments qui comptent plus que d’autres. Je suis particulièrement heureux d’avoir pu rencontrer Jean Mollard (monsieur sous-marin), Jean-Charles Roux (le designer génial), Armand Davso (monsieur caméra et détendeur) avant leur disparition, et Claude Strada (toujours en pleine forme), qui ont constitué les premiers personnages clés de l’OFRS, le bureau d’études de Cousteau à Marseille qui, avant la célébrité télévisuelle de son Directeur, a fait réaliser à l’homme des pas de géants dans la pénétration du monde sous-marin.

Il y eu aussi Hedwige Bienvenu, Michel Deloire, et Jacques Renoir, qui m’ont vraiment fait comprendre le cinéma de Cousteau.

Bien sûr les moments avec les plongeurs avaient une signification particulière : Bernard Delemotte, qui incarne l’aventurier mythique, le baroudeur des mers, l’homme qui communie avec les animaux, s’est révélé rigoureux, ultra-professionnel, travailleur acharné. Raymond Coll, Raymond Amaddio, des perles d’hommes, modestes et solides, comme Albert Falco, fidèle à sa légende. François Dorado, comme un copain de toujours. Et Didier Noirot, énorme !

 

- Parmi les personnes que tu n’as pas pu, ou pas eu l’idée de rencontrer, quelle est celle que tu regrettes le plus ?

 

Le regret premier bien sûr est de ne pas avoir rencontré Jacques-Yves Cousteau et Philippe Cousteau.

Une autre rencontre manquée m’est apparue plus poignante encore, celle de Frédéric Dumas. Paradoxalement d’ailleurs, car c’est en découvrant ce personnage si secret que le regret s’est fait jour. De Dumas je ne connaissais que les exploits de chasseur, d’artificier spécialiste des explosifs, et les qualités de plongeur hors pair qui rendent si éclatantes les plus belles séquences du "Monde du Silence" ou de "Epaves".

Quelle erreur de limiter cet homme-là à ça !

La rencontre, le mot n’est pas faux, s’est faite à l’initiative de Louis Augusto, autre passionné de Cousteau, qui en 2013, a eu l’idée d’un petit livre hommage sur Dumas à l’occasion du centenaire de sa naissance  en 2013. J’ai sauté sur l’idée. Louis a pris rendez-vous avec le Musée Dumas de Sanary, et nous avons fait la rencontre de Juliette Tilquin, la fille de Didi Dumas. Quelle surprise de découvrir la maison de Didi à Portissol, restée inchangée depuis sa disparition en 1991. Cette visite a été un véritable choc pour moi. Les meubles, les objets rapportés des tours du mondes de la Calypso, les livres partout, les fenêtres donnant sur la mer. Tout était intact, jusqu’à son dernier matériel de plongée dans un placard du garage, et la R8 Major avec les clés sur le contact. … Je sentais Didi Dumas, sa présence. Depuis deux ans, je me suis rendu huit fois chez Didi. Juliette m’a donné accès à toutes ses archives, à ses journaux de bord, à ses correspondances. Chaque fois que je séjourne dans cette maison, je me sens habité par ce personnage. J’ai même eu l’occasion d’y passer trois jours tout seul pour explorer sa bibliothèque, ses disques, sa collection de coquillages, et d’objets archéologiques. Depuis deux ans, j’explore ses écrits, ses pensées, je récolte les témoignages de ses proches, de ses intimes. Je me sens une réelle complicité, une sorte de filiation spirituelle. Ce que Juliette Dumas m’encourage à penser. La richesse des archives et des documents dont je dispose a transformé le projet de petit livre en un projet de biographie. Dumas, si discret, si peu enclin à se mettre en avant, est resté tellement méconnu. Il a pourtant joué un rôle considérable dans l’entourage de Cousteau, en partageant plus qu’aucun autre ses projets dès leur stade embryonnaire.

Dumas est devenue la plus belle de ses rencontres, même si elle ne restera à jamais que virtuelle.

 

- As-tu collecté des pièces (photos, films …) par l’intermédiaire de ces rencontres ?

 

Comme je le disais plus haut, oui bien sûr.

Je collecte les témoignages, les archives parfois, lorsque les anciens ont gardé des choses et acceptent de les partager. J’ai de nombreuses photos, des notes, des courriers, mais que des scans ou des copies. Pas d’originaux, ce qui m’intéresse, c’est le contenu. Ils me permettent de comprendre et de décortiquer les rouages des nombreuses activités de Cousteau et de son équipe. Ce qui me donne la matière à plusieurs livres qui me restent encore à écrire.

 

- En ce qui concerne "Le monde du silence"  et les scènes rejouées du jeune cachalot et du massacre des requins longimanes, de quelles façons les gens en parlent-ils ?

C’est d’ailleurs par ton livre que j’ai appris que la scène n’était pas celle d’origine, ce qui m’a horrifié une seconde fois, après la première pendant le visionnage du film, sur internet, quelque temps avant d’avoir ton livre en main.

 

Tu mets là le doigt sur un aspect de la découverte du monde marin particulièrement déroutant à nos yeux d’homme du 21ème siècle. Les témoins de cette époque ont une réticence évidente à en parler, tant ils ont peur d’être jugés. André Laban est le seul à l’avoir fait. Il me l’a lâché du bout des lèvres, presque pour tester ma réaction, puis il me l’a confirmé, comme s’il signait un aveu. Me laissant le soin d’en faire ce que bon me semblait. C’est une sorte de responsabilité que d’en avoir été le receveur et un cas de conscience que d’en parler.

La lecture du journal de Dumas, m’a encore appris beaucoup de chose depuis sur le rapport de ces pionniers au monde animal. Cette scène du "Monde du Silence" est, j’ose le dire, banale, dans les pratiques de l’époque. Et ces pratiques n’étaient pas réservées à la Calypso, mais à tous les marins et plongeurs de ces années-là, qu’ils fussent du CASM (Club Alpin Sous-marin), du GERS, ou de tout autre groupe de pionniers de la découverte du monde marin.

J’aimerais avoir le courage, la compétence et le talent d’écrire un jour sur ce sujet, qui est tout sauf anecdotique. Il touche à l’évolution de la conscience des hommes dans leurs rapports  à leur environnement, à la nature, et de façon plus fondamentale encore, à la vie, au cours d’un siècle charnière. C’est un sujet complexe, où il est si facile de céder aux anachronismes, et qui dépasse largement la seule histoire de la plongée et du cinéma sous-marin.

 

- Tu ne t’étends pas énormément sur le conflit qui opposa JYC à son fils. Une volonté, de ta part, de ne pas ternir une image ou de ne pas dévier du sujet ?

 

Jean-Michel Cousteau est resté distant avec moi. J’ai fait la connaissance de Pierre-Yves Cousteau et de Francine Cousteau. Les relations sont complexes entre eux. C’est un euphémisme. J’ai acquis la conviction que ces conflits relèvent de la vie privée des Cousteau, et qu’ils n’auraient jamais dû être jetés en pâture aux médias. Cela aurait été une forme de trahison de la confiance accordé par les uns et les autres que de donner mon avis sur un sujet aussi délicat et douloureux.

 

- Sur la fin, JYC se tournait de plus en plus vers les questions d’environnement. Je me souviens de l’une de ses dernières apparitions, quand il s’est opposé à Jacques Chirac et la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique. Tu n’en fais pas mention dans ton ouvrage. Une raison particulière à cela ?

 

Je ne mentionne pas en effet cette opposition à Chirac car ça n’apparaît pas dans un film, et le livre reste axé sur les films. Il y avait tant de choses à dire encore…

 

-A quelle aventure aurais-tu voulu participer ?

 

Au début, j’étais tout spécialement fasciné par le démarrage de l’Odyssée sous-marine, la croisière de trois ans de 67 à 70, et cela reste pour moi un sommet, avec l’expédition Antarctique. Mais le moment le plus sensationnel est devenu l’époque 1954-1955, les missions "pré-Monde du Silence" et "Monde du Silence". Quelle époque fabuleuse ! Aucun nuage n’était encore à l’horizon. Le monde venait de s’agrandir. Le fond des océans offrait une terre vierge à ces hommes des années 50, qu’aucun homme avant eux n’avaient jamais pénétrée ni entrevue. Quel privilège exceptionnel !!

 

- Le titre est "Cousteau, 20 000 rêves sous les mers", et pourtant pas de mer, pas de poisson, pas de scène de plongée sur la couverture !

 

C’est un choix de l’éditeur avant tout, que je n’ai pas trouvé mauvais. Cousteau symbolise la nature presque autant que le monde sous-marin. Je m’étais amusé à faire des projets de couvertures que j’avais soumis à des amis et à ma famille. Aucune ne mettait tout le monde d’accord. C’est très difficile de résumer un livre en une photo. 

 

 Questions plus générales : 

-As-tu rencontré JYC de son vivant ?

 

Comme je le dis plus haut. Jamais. Ça reste un énorme regret. Mais une rencontre le temps d’un autographe ou d’une poignée de main, ne représenterait pas grand-chose à mes yeux. Ce qui m’intéresse, c’est de vivre un moment de communication avec quelqu’un, de partager un moment de complicité. Et cela aurait été un rêve bien difficile à concrétiser dans l’emploi du temps hallucinant du Cousteau des années 90.

 

-As-tu d’autres projets concernant l’épopée Cousteau ?

 

Je crois que je réponds largement plus haut. J’ai de quoi écrire plusieurs livres. Dont un qui pourrais s’intituler "Un ingénieur nommé Cousteau", et qui pourrait retracer toute l’œuvre accomplie par lui avec son équipe avant que ne débute vraiment sa popularité télévisuelle.

 

-Aujourd’hui encore, quand je discute de ma passion de la plongée et de cette odyssée avec d’autres personnes, beaucoup de mes interlocuteurs ont une vision très critique de l’œuvre et du personnage ; et souvent à l’origine de ces avis, se trouvent des contre-vérités. Comment expliques-tu cela ?

 

Très grande incompréhension pour moi. Je me suis longtemps donné pour mission de les faire changer d’avis. Aujourd’hui, je me suis fait une raison. On ne peut pas plaire à tout le monde. Et on n’est pas obligé d’aimer et d’adhérer. Il y a toujours des esprits qui sont dérangés par la réussite flamboyante des autres, plus en France qu’ailleurs. Aux USA, Cousteau est une icône unanimement respectée. En France, c’est tout l’inverse. Qu’un seul petit esprit revanchard émette un son dissonant, et c’est une chorale qui reprend en chœur. Cousteau avait une telle puissance de rêve et un tel génie à concrétiser ses rêves, qu’il a donné de quoi rêver à plusieurs générations. Aujourd’hui, j’ai plus envie de plaindre ceux qui ne rêvent pas, que de tenter de les convaincre. C’est tellement dommage pour eux. »

 

 

Je dois avouer que certaines réponses m’ont ému. Par moment, il me semblait me reconnaître dans certains souvenirs. Pas étonnant, nous sommes de la même génération de ceux qui ont découvert l’aventure sous-marine par les yeux des calypsonautes (terme inventé par André Laban himself). Je tiens à le remercier, une nouvelle fois, pour le temps qu’il m’a accordé.


" Au plaisir de refaire une plongée spéciale avec toi "

 

Je ne peux qu’inviter les lecteurs de ce blog à découvrir ces "20 000 rêves sous les mers" extrêmement bien documentés et complets. Franck va d’ailleurs devoir se remettre au boulot. Il y a tant à écrire encore !

 

 depuis-avril-2014-3206.jpg

                     Franck et le collectionneur américain Ryan Spence (Marseille, 14 juin 2014)

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Micheletti Francis 20/08/2014 08:56

Cet interview à distance est extrêmement riche, intéressant. Franck est animée par une noble flamme. Depuis quelques mois, j'ai l'occasion d'échanger avec lui sur des grands personnages de la
plongée, il m'accueille à chaque fois avec cœur, gentillesse et n'hésite pas à partager. Quelle bonne idée que vous avez eu de faire cet interview et de nous le faire partager ! Merci à vous deux.

A Vos Masques, Prets, Palmez !

  • : BLOC18, EAU-DELA DU MIROIR
  • BLOC18,       EAU-DELA DU MIROIR
  • : SPOT de partage de photos, de vidéos, d'actu, d'idées, de bons plans...
  • Contact

Bloc Dixhuit sur Facebook

Recherche

Accés photos

Je ne suis ni spécialiste ni "photographe", je fais des photos pour le plaisir.

Cependant, mes photos ne sont pas libres de droits. Merci de me contacter.

Seule la copie pour votre usage personnel, privé et non-lucratif, est autorisée. 

Liens divers

le blog de Siratus 

le blog de Pascal

le site de Fred

le groupe FB "Plongée sur épaves/Wreck Diving"

le site de Sea Shepherd

un site bio marseillais

le blog d'une grande voyageuse

un site bio : Sous les mers

un site de voyages-plongées

 

 

Récentes Div'agations

  • Meeting the Great White Shark
    Après visionnage des plus de 300 séquences rapportées de Guadalupe - et en passant je remercie de nouveau l'ami Marc de m'avoir prêté sa mini caméra pour l'occasion - voici donc (enfin) ma modeste contribution aux (très) nombreuses vidéos sur le Grand...
  • Un Ange passe …
    Il est un endroit au monde où l’on peut croiser la route de trois espèces différentes de raies et deux espèces de requins, lors de la même plongée, et à moins de 20 mètres de profondeur. Lanzarote, l’Ile aux 300 volcans, permet ce genre d’immersion. Ici,...
  • FLASH-BACK : Moray Patchwork
    Dix ans de photo sous la surface. Dix ans qu'un appareil photo m'accompagne dans mes immersions, qu'il est mon inséparable compagnon de plongée. De temps à autre, je badigeonnerai cet espace de quelques modestes clichés. Chacun réveillant en moi un souvenir,...
  • Plongée dans les gorgones
    Failles, crevasses, voûtes et cavités diverses ... Tel était le paysage proposé ce jeudi, par Plongée Passion Carry. Sur la Côte Bleue, face à Marseille, l'Arche de Moulon, réserve bien des surprises à qui sait simplement ouvrir les yeux : langoustes...
  • PLONGER … simplement !
    Retrouver le goût des plongées sans prétention. Basiques, classiques, tranquilles. A nouveau prendre le temps d’observer les brins de corail rouge ou les massifs de gorgones (même sans gorgonocéphale emberlificoté !) Simplement se contenter de croiser...
  • Wreck Diving : Le Liban, septembre 2016
    Cela faisait un petit moment que je souhaitais replonger sur le Liban. La faute à un plongeur marseillais, que je nommerai KB (et qui se reconnaîtra), qui a fait tourner sur les réseaux sociaux une magnifique photo des lieux. Je voulais retrouver le point...
  • GORGO A GOGO !
    Ceux qui me suivent régulièrement connaissent mon amour immodéré pour Astrospartus. Après quasiment onze mois sans plonger, suite au séjour à Guadalupe pour le Grand Requin Blanc, et la longue digestion qui suivit, je retrempais hier mes palmes (et tout...
  • SAN DIEGO, tourné vers la mer
    Située à l'extrême sud-ouest des Etats-Unis, la ville de San Diego est limitée au sud par la frontière mexicaine et au nord par la mégalopole des Anges, Los Angeles. A l'est, collines puis désert ... San Diego semble définitivement tournée vers la mer. Ci-dessous...
  • GUADALUPE
    (info : n'hésitez pas à suivre les liens proposés, vous découvrirez plein de nouvelles photos) Il est un lieu où il est possible de plonger 45 minutes à 10 mètres, puis d’effectuer un palier de 126 minutes ! Grand requin blanc Great white shark Tubarão...
  • Combo Guadalupe-San Benito : kelp et otaries, épisode 3
    San Martin : la forêt rescapée (n'hésitez pas à cliquer sur les liens proposés, vous découvrirez plein de nouvelles photos Après cinq journées sur l’île de Guadalupe et moultes heures passées à observer les Grands Blancs (séjour qui fera l’objet d’un...