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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:26

MARTINIQUE , 22 novembre - 6 décembre 2010

 

  martinique via google heart

                                                                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'île aux fleurs offre une multitude de possibilités d'activités, nautiques, terrestres, aériennes, gastronomiques ...

Mais en ce qui nous concerne, il s'agira essentiellement de plongée. Du 22 novembre au 6 décembre 2010, mon club organisait un séjour dans ce département d'outremer. Pour ce faire, les structures du centre UCPA de Saint-Pierre furent louées, pour une petite soixantaine de personnes, dont 37 plongeurs. Ce séjour avait pour moi une saveur bien particulière, puisque j'opérais, en quelque sorte, un retour aux sources.

  En effet, en mars 2006, c'est au sud de l'île, du côté de Saint-Anne, que je passais mon premier Niveau, au club Kalinago, de l'excellent David D. (boss de l'époque). Oui, je sais, y a pire pour passer son N1 !  Après un cours aperçu en snorkeling, dans les eaux de l'Anse Figuier, où éponges et poissons rivalisaient de couleurs, où je photographiais mes premiers coraux-cerveaux, je découvrais alors un monde sous-marin dominé par des éponges géantes, aux formes excentriques, mesurant parfois jusqu'à 2 mètres de haut. C'est avec ces souvenirs que j'ai replongé, avec impatience, mes palmes dans les eaux caraïbes. 

Tombant des Demoiselles, Sainte-Anne, mars 2006

Tombant des Demoiselles, Sainte-Anne, mars 2006

 Excepté ce "retour aux sources", ce sont  d'autres anecdotes qui font de cette quinzaine, une  période inoubliable :

- j'ai effectué, de nuit, ma centième plongée, sur une petite épave,  au sud de Saint-Pierre (ce qui m'a coûté bombon en frais d'apéro...)

- j'ai connu ma plongée la plus profonde sur une autre épave, le Roraima, victime de l'éruption de 1902,

- et enfin, j'ai accompagné une certaine petite blonde pour son baptême en mer.  

                                                                                                                                                                                            Au cours de ces deux semaines, nous avons arpenté des sites au noms bien évocateurs : les Jardins du Prêcheur, les Canyons de Babodi, le Kay Maréchal, le Roraima, le Tombant de Coucoune, la Perle, les Sources Chaudes, la Pointe Lamarre,  la Citadelle et le Diamant. Chaque spot a son paysage bien particulier : tombants, canyons, patates, plateaux, éboulis, épaves concrétionnées, mais la faune fixée ou non, bien qu'identique sur tous les spots, apporta de biens belles surprises : tortues, raies torpilles, raies léopards, bancs de platax, barracudas, anguilles jardinières, éponges barriques énormes, crabes araignées aux pinces impressionnantes ... auxquels viennent s'ajouter la multitude de poissons colorés.

  Les quelques épisodes pluvieux de la première semaine n'ont pas entaché nos plongées de morosité. Il est vrai que la pluie antillaise n'a rien à voir avec la pluie métropolitaine. Et de toutes façons, s'il pleut, on fait les paliers sous le bateau. Les seuls à se plaindre de ce climat, peu propice à la bronzette, furent les non-plongeurs. Effectivement, visiter les Jardins  de Balata sous la pluie, ça doit pas être le top.

Et fuir l'Anse Couleuvre sous des trombes d'eau ?

  Exceptés la Perle, les épaves et le Diamant, tous les sites se situaient au large ou à proximité du Prêcheur, voire parfois à 200 mètres du bord, et étaient tous rapprochés les uns des autres. Une vingtaine de minutes en bateau était nécessaire pour les rejoindre. Le temps de choper un coup de soleil sur les épaules, et d'apercevoir quelques poissons-volants.

divers-articles-2578.JPG    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Perle et le Diamant, ces deux joyaux martiniquais, sont souvent opposés, à savoir quelle plongée est la plus belle ...

Lors de notre séjour, la plongée sur la Perle (47 minutes) fut des plus mouvementées, avec un courant très fort, un saut et une remontée sur le bateau plus que sportifs, une visibilité très médiocre ; mais quelques bancs de poissons assez impressionnants et des prédateurs aux aguets, le relief sous-marin très particulier de ce rocher, ont fait de cette sortie un moment mémorable. Alors que la plongée effectuée au Diamant (avec un club local) fut toute son opposée : eaux calmes, visiblité exceptionnelle, tortues pour certains, immersion de 65 minutes, avec un binôme à la "zenitude"  très communicative, mais pas autant de poissons qu'à la Perle ... et un prix discriminatoire!!!

Le Diamant est considéré par beaucoup, comme le plus beau spot de Martinique, celui à ne pas manquer lors d'un séjour sur l'île. Mais le prix -bloc et plombs fournis- pratiqué par l'ensemble des clubs qui proposent cette sortie : 55€ ! WAOUWW !

Nous remplissions le bateau, nous avons donc pu négocier un rabais conséquent ; mais le quidam, qui se présente, même avec son plus beau sourire, paiera le prix fort. Alors cette plongée vaut-elle 55 euros ??

Pour certains plongeurs du groupe qui, lors d'un précédent séjour, ont connu la Perle par conditions très favorables, cette plongée vaut largement le Diamant. "La Perle vaut le Diamant", de quoi faire perdre son latin à un diamantaire d'Anvers...

 

  Autre plongée à ne pas rater sur Saint-Pierre, le Roraima.

Toute plongée sur épave, surtout profonde, revêt un caractère particulier. Nous plongeons sur un site, une carcasse concrétionnée, mais avant tout sur un morceau d'histoire. Et quelle histoire !

Ayant brûlé pendant trois jours, suite à l'éruption de la Montagne Pelée, le 8 mai 1902, le Roraima a fini par sombrer, et se poser sur le fond à 55 mètres. Cette profondeur réserve cette plongée aux Niveaux 3 minimum, et oblige à planifier durée au fond et remontée : descente jusqu'aux premiers bouts de tôles, à 40 mètres, puis descente jusque 55 mètres, ou visite de l'intérieur. A 15 minutes de plongée ou 80 bars au manomètre, on remonte le long de l'amarre, qui à elle seule vaut le détour. Mieux vaut éviter de s'y accrocher, tant les organismes qui y ont élu domicile sont nombreux et la divers-articles-2589.JPGplupart urticants. Cette amarre, véritable HLM à invertébrés, permet de passer les quinze minutes de palier, autrement qu'à se tourner les pouces, à compter ses bulles, ou à photographier des cténophores (même si dans ce cas-là, plusieurs clichés sont souvent nécessaires).

Cette plongée réserve bien des surprises, outre les minutes de paliers que l'on voit défiler sur son ordi, dès qu'on touche les 50 mètres. Depuis 1902, la faune n'a cessé de s'y fixer et d'y proliférer, notamment des gorgones filaires, lui donnant  l'allure d'une "épave aux cheveux blanc" (commandant Cousteau). 

 

 

  divers-articles-3134.JPG

 A la centième !

Petit événement au sein du groupe qui, tous les soirs, partageait l'apéritif sur les pelouses du Centre. J'en étais de ma poche, après la plongée de nuit sur l'épave de l'Amélie, ma centième immersion, sur l'île de mes débuts. Punch et ti-punch au programme, pour fêter la 100 ème et placer en ligne de mire la 200 ème ...

 

 

 

 

 

Cette plongée, parce qu'elle était de nuit, était déjà bien particulière. Nous étions une quinzaine de volontaires à effectuer cette troisième plongée du jour (après le Roraima et le Tombant de Coucoune), répartis en cinq ou six palanquées, qui se sont vite retrouvées à former une énorme palanquée, où torches et phares de plongée projetaient des rayons dignes des plus beaux combats de Star Wars. Au "menu", plateaux de langoustes, toutes plus téméraires les unes que les autres, oursins en vadrouille, gros crabes, murènes en pagaille, poissons dociles, astrophytons déployés (cousins antillais des gorgonocéphales), une tortue effrayée par les phares, que certains ont vainement tenté de suivre. Au finish, 8 mètres maxi, et 55 minutes, qui auraient pu durer bien plus longtemps...

 

gorgonocéphale géant (astrophyton muricatum)

gorgonocéphale géant (astrophyton muricatum)

Nous n'en sommes pas restés là, puisque quelques jours plus tard, certains d'entre nous sont allés faire un petit tour au-dessus de l'épave en snorkeling. Elle est effectivement accessible depuis la plage de l'Anse Turin, à la sortie sud de Saint-Pierre. Et dès les premières brasses, nous avons trouvé quelques morceaux immergés à deux mètres de profondeur. Ce petit bateau, coulé en 1902, avant l'éruption, a eu le temps de se disloquer et de voir ses morceaux s'éparpiller au gré des tempêtes et des ouragans. Ce site, même s'il n'est pas exceptionnel, est aussi intéressant vu du dessus que d'en dessous : un petit aquarium en quelques sortes.

vestiges de l'Amélie, Anse Turin

vestiges de l'Amélie, Anse Turin

   Malgré quelques conditions un peu limites par moments, les forts courants notamment qui nous empêchaient de profiter pleinement de nos plongées (la Perle, la Pointe Lamarre), la visi de m.... qu'on s'est coltinée une ou deux fois, ce séjour-plongée a été une réussite.

Toutefois, quelques points noirs sont à noter. Plusieurs fois, nous avons pu observer des grands casiers de pêcheurs posés sur les récifs. Loin de moi l'idée de m'attaquer au droit des gens du cru de pratiquer leur métier. D'autant plus qu'il règne une entente cordiale entre centres de plongée et pêcheurs. Cependant, il faut souligner que ces casiers qui sont lâchés au-dessus des récifs, écrasent, cassent, arrachent tout sur leur passage. Nous avons pu observer dans ces pièges, outre des poissons commercialisables, de nombreuses murènes prisonnières, dont une morte à moitié sortie du casier mais restée coincée dans une maille. N'existe-t'il pas une solution pour que pêcheurs et plongeurs puissent profiter pleinement de cette ressource ?

   Autre chose de plus dangereux encore pour nous, plongeurs, les chasseurs sous-marins. Alors que nous effectuions notre plongée, longeant un tombant, nous avons entendu un bateau s'approcher du secteur, puis ce fut les sifflements des flèches d'arbalètes qui nous passait au-dessus de la tête. Les gars nous voyaient, d'ailleurs, ils savaient très bien que nous étions là, puisque le pavillon de plongée flottait. Mais, sans aucun scrupule, 15 mètres au-dessus de nous, il tiraient dans le tas, sans rien toucher d'ailleurs. Notre pilote s'est chargé de leur parler du pays.

 

   Enfin, et pour en finir avec l'aspect plongée de notre séjour, c'est la découverte de plusieurs espèces de coraux victimes de blanchissement (ou blanchiment).  divers-articles-2407.jpgEt effectivement, certaines espèces ont vécu un épisode de blanchissement en 2010.  Et j'ai ainsi appris que les coraux n'étaient pas les seuls à subir ce phénomène.  La dernière journée, passée à arpenter les routes de la côte atlantique, nous a mené à la Trinité, sur la plage de la Brêche (si j'ai bien retenu son nom), versant nord-est de la Caravelle, où la musique et la bonne ambiance étaient de rigueur, sortie familiale du dimanche oblige. Nos quelques coups de palmes, nous ont entraîné à quelques 2-300 mètres de la plage. Nous avons découvert tout un secteur ravagé, où gisaient des tas de bouts de coraux, débris de coquillages ... Cet endroit ressemblait à une petit barrière de corail qui aurait été limée. Je n'ai pas trouvé d'explications à ce jour, si quelqu'un sait quelque chose ?           

              

 divers-articles-4333--05.JPG

(la Brêche, amas de coraux morts)                                                     

 

     Le centre UCPA de Saint-Pierre, en deuxième semaine, servit de base aux diverses excursions. En effet, la première semaine était réservée à la plongée, même si nous avions la possibilité de replonger par la suite, ce que nous avons fait d'ailleurs. La deuxième semaine, donc, nous vit nous éparpiller aux quatre coins de l'île. Pour ma part, le volcan m'appelait de sa petite voix : "Viens, viens..." Une rando bien moins pénible que je ne l'imaginais, mais que nous avions limité à deux heures aller-retour, puisque nous avions deux enfants dans les bagages ! Juste le temps de parvenir à l'Aileron, altitude 1107 mètres. Un Aileron, quoi de plus logique pour une équipe de plongeurs. Ce jour fut d'ailleurs le seul du séjour où la Montagne Pelée fut totalement découverte pendant quelques heures. Photographes, à vos marques !

 

  Diverses plages (Anse Couleuvre, Anse d'Arlet, Anse Turin, la Brèche à la Trinité) nous permirent de continuer nos explo sous-marines en snorkeling. La forêt tropicale, les restos de plage, les rhumeries, les ruines de Saint-Pierre, les Jardins de Balata, la route de l'Atlantique, la fête de village à Grand-Rivière ... une deuxième partie de séjour bien chargée donc. Et enfin, le retour qui fut un peu chaotique, avec une correspondance Paris-Marseille ratée de très peu, deux heures d'attente dans l'aéroport, où certains auraient croisé la plus célèbre bénévole de la Croix-Rouge, celle qui sait entretenir son corps parce qu'elle dort sur un super matelas, et qui porte de très belles lunettes... Désolé, là pas de photos !!!

Plus de batterie et carte SD pleine !                                                   

 

                                

tous les chemins mènent au rhum !

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Pascal 28/12/2012 10:58

Et oui, on a du mal à en croire son ordinateur qui indique le palier alors qu'on a l'impression qu'on vient juste d'arriver au fond. Un bon récit sur la plongée en Martinique et ses ambiances.

Ray Manta 29/12/2012 15:49



C''est la première fois que ça m'arrivait : l'impression d'attaquer la plongée, ...et pan dans les dents, du palier !!!



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