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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:31

Août 2014

 

Avant ce séjour en Corse, je n’avais jamais plongé sur une épave d’avion. Je me suis bien rattrapé depuis : un B25, un B17 et 4 P47. Nombreux sont les avions américains naturalisés Corses.

Mais il existe une épave que je voulais par-dessus tout découvrir : l’Alcione C. Ce fut chose faite dès le jour de mon arrivée sur l'île. Et je doublais la mise lors de ma dernière plongée insulaire, lors d’une "by night" mémorable.

 

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D’abord connu sous le surnom de cargo de Campoloro, l’épave finit par livrer sa véritable identité. Il débuta sa carrière en 1915, en tant que navire garde-côte britannique sous le nom de HMS18, il fut ensuite transformé en pétrolier sous le nom d’HMS Anam. Acheté par une firme italienne en 1924, il devint alors l’Alcione C, nom qui lui restera jusqu’à sa triste fin en 1943. Alors qu’il effectuait une traversée entre La Maddalena, en Sardaigne, et Bastia, escorté par trois vedettes, il est attaqué par un avion, ou par un sous-marin (les deux versions ont cours actuellement), qui le torpille à tribord arrière, au large du port de Taverna (Campoloro). L’eau s’engouffrant rapidement, l’Alcione coule par l’arrière, et va violemment se poser 33 mètres plus bas. Il repose depuis, bien à plat, sur un fond de sable.

Long de 54 mètres et large de 10, le pétrolier semble aujourd’hui prisonnier des filets qui ne cessent de l’accrocher, et continuent de semer la mort chez les poissons. Parfois, certains plongeurs viennent faire le ménage.

 

Cette première plongée corse se fit avec cinq autres personnes, tous membres de Corsica Photosub. David, qui sera mon binôme durant toutes mes plongées sur le littoral oriental, ayant déjà plongé (très) profond le matin, plongera au nitrox, alors que je plongerai à l’air.

Le site est signalé par un corps mort immergé, il faut se mettre à l’eau pour amarrer le zodiac. La descente se fait au bout. La visi n’est pas exceptionnelle, mais l’imposante épave se devine rapidement. Nous entamons la visite par l’avant, l’ambiance est celle d’une plongée profonde : sombre, même si nous ne sommes qu’à 30 mètres. Algues et éponges  sont omniprésentes, les structures ont été entièrement colonisées.

 

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Mais c’est la salle des machines qui m’intéresse. Ce grand espace, vu maintes et maintes fois en photo, agit sur moi comme un aimant. Nous y ferons deux passages. Malheureusement, un mauvais branchement de la fibre optique empêche mon flash de se déclencher. Je dois essayer de profiter de la lumière diffusée par David, qui plonge avec une caméra Gopro, associée à deux phares Azuru diving (made in Corsica).

Corbs et petits mérous égayent la visite de la salle des machines, lorsque THE mérou (plus balèze, tu meurs) fait son apparition ; mais au lieu de nous fuir, il parade, fait le beau, nous signifie, qu’ici nous ne sommes que des visiteurs. Il s’approche de moi, m’autorisant à le "shooter" jusqu’à l’overdose.

 

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Nous restons quelques minutes, puis nous laissons la place à une autre palanquée. Nous passons sous la proue, les ancres sont à poste. Les couleurs des éponges explosent sous la lumière des phares. Puis nous refaisons un second passage dans la salle des machines pour profiter des jeux de lumière époustouflants.

 

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Nous nous  dirigeons ensuite vers la poupe. David me montre l’impact sur la coque, le trou par lequel l’eau s’est engouffrée, provoquant le naufrage. La poupe s’est abîmée en s’écrasant sur le sable. Cette épave représente un sympathique terrain de jeux, où l’on s’oublie rapidement. Mais mon ordi me rappelle à l’ordre en affichant les paliers, je le signale à David, je le laisse gérer cette plongée qu’il connaît par cœur. Après 34 minutes de plongée, nous entamons la remontée. Premier arrêt de trois minutes à six mètres, puis nouvel arrêt, un peu plus long cette fois, de 18 minutes à trois mètres. David attend sagement avec moi, alors que les autres palanquées sont remontées depuis un moment.

 

L’Alcione "by night"

 

Arrivée vers 23h sur le site.

Cette fois, c’est moi qui me mets à l’eau pour amarrer le zodiac à la bouée immergée, dans un grouillement de larves planctoniques et de petits calmars, attirés par la lumière projetée par David. Ce soir, nous ne plongeons qu’à deux, au nitrox 32.

Plongée de nuit, sur l’Alcione, et qu’à deux … voilà une immersion qui s’annonce bien agréable.

 

Et elle le fut !

 

Même topo : la proue, la poupe, les structures extérieures, et la salle des machines. David m’avait averti que nous pouvions rencontrer des dentis sur le pont. Alors que les mérous allaient se réfugier plus profondément dans les entrailles de l’épave.

Premier passage dans la salle des machines, qui n’a plus du tout la même allure que la journée : encore plus de nuit, il faut faire très attention à tous ces morceaux de métal et aux câbles qui trainent de-ci de-là. Nous nous attardons ensuite sur le pont, où, effectivement, deux magnifiques dentis se reposent, pas du tout effrayés par nos lumières.

 

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Nous restons quelques minutes en leur compagnie, puis inspectons rapidement le reste de l’épave. Cette plongée fut plus courte que la première. Au bout de trente minutes, nous attaquons la remontée, toujours encerclés par une myriade de particules planctoniques. Nous mettons la tête hors de l’eau au (tout) petit matin, il est minuit passé de quelques minutes, nous sommes passés en septembre. Et je conclus mes plongées corses de fort belle manière.

 

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BLOC-Notes 

Plongées corses :

- le B17 de Calvi

- le B25 d’Aléria

- le P47 de Punta d’Arcu

- les P47 du combat aérien

- le P47 d’Anghione

 

Les liens pour Corsica Photosub

http://www.corsica-photosub.fr/

https://www.facebook.com/corsicaphotosub?fref=ts

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 16:50

Le P47 d’Anghione, 29 août 2014

Après une plongée profonde sur le P47 de Punta d’Arcu et sur les deux P47 du Combat Aérien, il nous restait assez de jus dans nos blocs pour aller finir cette journée spéciale sur le P47 d’Anghione. David, de Corsica Photosub, me menait donc sur le quatrième P47 de la journée. Celui-ci repose tranquillement sur un fond à dominante verte, comme s’il était venu atterrir ici, sur une piste de posidonie, à 16 mètres de profondeur.

 

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Même si le moteur et l’hélice sont séparés du reste de l’appareil, l’avion reste bien conservé. Les algues et les éponges ont colonisé la tôle depuis ce jour d’avril 1944, quand l’appareil, touché lors d’une mission en Italie, ne put rejoindre la base d’Alto toute proche et dut se poser en mer. Le pilote s’en sortit indemne.

La bonne visibilité nous permit de faire le tour, par-dessus, par-dessous, les mérous se réfugiant souvent sous les ailes. Le cockpit est "propre", la verrière en bon état, les ailes recèlent encore quelques munitions, mais les mitrailleuses ont disparu. Aux alentours, la posidonie semble vouloir avaler l’engin tout entier . Déjà les pales de l'hélice peinent à être vues, toutes noyées qu’elles sont dans les plantes aquatiques.

 

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Nous avons pris tout notre temps pour découvrir cette épave, gérant au mieux notre réserve d’air. Après 27 minutes de visite, nous pouvions remonter effectuer notre palier de sécurité sous le bateau. Ainsi s’achevait cette journée spéciale P47, bien qu’il en reste encore plusieurs à découvrir en Corse, "à croire que l’industrie de guerre américaine n’a inventé ce type d’avion que pour se perdre sur la côte orientale de la Corse." (JP Joncheray)

Ce P47  a fait se télescoper la petite et la Grande Histoire.

En 2002, le Lieutenant J. Ray Donohue, pilote du P47 Thunderbolt Razorback, du 57è Fightergroup, revenait en Corse, pour recevoir en remerciement, une partie du "manche à balai", que des plongeurs étaient allés découper sur l’épave.

 

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Cette émouvante scène est visible dans le film "Sur la piste d'Alto", de Daniel Costelle et Isabelle Clarke. Même si tout le film est intéressant (et que je conseille vivement de le voir en entier), ladite scène se trouve vers la 44è minute. Bon visionnage !

 

http://www.youtube.com/watch?v=UkWnhnfbEcE&feature=youtu.be

 

 

BLOC-Notes

- le B17 de Calvi

- le B25 d’Aléria

- le P47 de Punta d’Arcu

- le Combat Aérien

 

A lire sur les P47 :

http://normandie44.canalblog.com/archives/2012/02/20/23564863.html

 

Les photos sur

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allez aussi jeter un œil sur ce magnifique album de David, sur le Combat Aérien et le P47 d’Anghione

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.416475111726934.90015.163101503730964&type=1

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:19

Le Combat Aérien, 29 août 2014

 

Après le P47 de Punta d’Arcu (lire l’article précédent), et un petit intermède alimentaire, nous repartons au large de Folleli. Là, à 18 mètres de profondeur, reposent deux P47 qui se sont heurtés en vol.  Ce site est connu sous le nom de Combat Aérien, même si ça n’est point, là, le résultat d’un combat. Nous plongeons avec des blocs gonflés au nitrox 31. Ils nous serviront pour les deux plongées de l’après-midi.

 

Très vite, à la descente, par une visibilité très correcte, le premier engin apparaît, posé bien à l’endroit, le moteur gisant quelques mètres en avant.

Cet avion surprend par le fait qu’il soit entier ; il s’agit d’un P47 Thunderbolt à verrière coulissante. Même si le moteur et son hélice sont séparés du corps de l’appareil, même si le tableau de bord et les mitrailleuses ont disparu de leur compartiment, même si l’engin a subi les outrages du temps, il reste un formidable et très accessible témoignage de cette époque.

 

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Reposant sur un herbier de posidonie et une plage de sable vaseux, il demande une bonne maîtrise de son palmage et de sa flotabilité. Gare aux coups de palmes intempestifs pour qui veut encore y voir après quelques minutes.

Poste de pilotage, moteur, hélice décrochée, pales tordues, verrière, ailes, queue concrétionnée, … tout y passe. David à la caméra et moi, avec mon appareil photo, nous nous régalons de cet instant privilégié. Ayant, par la suite, vu des clichés du même appareil avec les ailes totalement envasées, il me semble que nous avons, effectivement, eu de la chance.

 

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Chacun poursuit son chemin sans perdre l’autre de vue. Mon binôme m’appelant parfois pour me faire découvrir ici, un mérou caché sous l’aile, là, les trappes des ailes où demeurent encore quelques cartouches (sur les 3400 d'origine).

Après une petite dizaine de minutes, David me guide jusqu’au second appareil.

 

Si le premier visité est quasiment intact, le deuxième fait vraiment pitié : un poste de pilotage par ci, une aile par là, un empennage ici, un moteur là … Le cockpit en piteux état sert de refuge aux apogons. Le blindage pare-balle dorsal est venu percuter le tableau de bord.

 

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Cet éparpillement permet cependant de faire des photos "dégagées".

Il faut une sacrée dose d’imagination, ou une solide connaissance en aéronautique,  pour recoller mentalement les morceaux. Ce P47, selon certains, serait un P51 !!!

Je m’attarde sur les pales de l’hélice qui sont presqu’entièrement recouvertes d’éponges. Parfois une limace apporte un léger mouvement au tableau.

 

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Quinze minutes de visite, puis nous retournons sur le premier avion, nous y passons encore cinq minutes avant de regagner notre bateau, j’atteins alors les cent photos prises sur le site. Il faut toutefois remonter et garder assez de "jus", notre bloc devant nous servir pour la dernière plongée du jour.

 

BLOC-Notes

- le B17 de Calvi

- le B25 d’Aléria

- le P47 de Punta d’Arcu

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 17:29

B25 … coulé

B17 … touché, coulé

P47 … touchés, coulés !

Plonger en Corse, c’est comme jouer à "bataille navale".

 

Dois-je rappeler que la Corse fut le premier département français à se libérer de l’occupation germano-italienne, en septembre 1943 ? Dès lors, l’île allait devenir une grande base aérienne américaine, abritant 17 terrains d’aviation militaire, d’où partaient chasseurs, bombardiers et avions de reconnaissance vers l’Italie toute proche, l’Allemagne et l’Autriche.

Surnommée l’USS Corsica, l’île était assimilée à un porte-avion insubmersible, et de par sa position stratégique, a joué un rôle important durant la campagne d'Italie et le débarquement de Provence. 50 000 soldats américains ont été stationnés en Corse, d’innombrables avions ont décollé des pistes aériennes, et certains ne sont pas revenus et ont entamé, au fond de l’eau, une seconde carrière plus pacifique.

 

29 août 2014, l’ami David, de Corsica Photosub, m’a concocté une journée spécialement dédiée aux chasseurs P47. Comme pour le B17 de Calvi, nous ne serons que deux pour ces trois plongées.

 

Le P47  de Punta d’Arcu


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Pour cette première plongée du jour au-delà de 40 mètres, David a préparé des blocs au nitrox 29 et des blocs à l’oxy pur. Posé sur un fond de sable à 45 mètres, ce P47 Thunderbolt était à l’origine beaucoup plus profond. C’est un pêcheur qui l’a trainé sur une grande distance lorsque l’épave s’est prise dans ses filets. Du coup, il ne reste plus qu’une structure presqu’informe, empêtrée dans les débris de filets. La queue a disparu, mais l’avion reste intact. Une aile est entière. Les mitrailleuses sont encore visibles, encroutées d’éponges oranges et prisonnières des filets.

 

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La verrière, version "bubble top", bien concrétionnée, est en place. Seule une petite partie manque, suite à l’intervention de l’armée américaine venue récupérer, en 2007, les restes du pilote demeuré coincé dans son cockpit lors du crash. C’est d’ailleurs par ce trou que je pus jeter un œil à l’intérieur et y découvrir un congre de belle taille.

 

Ce qui m’a frappé durant ces quinze minutes à tourner autour de cette relique, c’est l’extraordinaire faune qu’elle abrite : myriade de castagnoles, congres, murènes en pagaille, crevettes nettoyeuses, énormes pagures, langoustes téméraires, dont une qui est carrément venue me voir alors que je shootais  un bernard l’hermite en vadrouille.

 

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Après ces quinze minutes de découvertes, nous entamions la remontée, qui nécessita un palier à six puis trois mètres sur la seconde bouteille, pour un temps de remontée totale de onze minutes. Je sortais de l’eau en marmonnant un grand merci au pêcheur qui eut l’amabilité de nous placer cette épave  en un endroit accessible !

 

BLOC-Notes

- le B17 de Calvi

- le B25 d’Aléria

 

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 17:51

Aléria, août 2014

 

Février 1944, un bombardier B25 Mitchell décolle de la base de Solenzara, pour une mission sur la proche Italie. Malheureusement, cinq minutes après, il subit une panne de moteur. Il amerrit d’urgence après avoir largué ses bombes. Il n’y eut aucune victime, les six membres d’équipage étant repêchés par une vedette venant de Bastia dans l’heure qui suivit. L’avion descendit se poser sur un fond vaseux, à vingt mètres de profondeur.

 

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Soixante-dix ans après, avec David, Stéphane et Valentin de l’asso Corsica Photosub, nous nous immergeons pour un voyage dans le passé. Dès les premiers mètres, nous savons que la visibilité ne va pas être extraordinaire. Les premières formes de l’appareil apparaissent, mais paraissent sortir du brouillard. Il faut s’approcher pour commencer à profiter de l’épave. Celle–ci semble s’enfoncer progressivement dans sa gangue de vase. Mais paraît-il que selon les saisons, elle est plus ou moins dégagée.

 

09-2e-plongee-sur-le-B25-d-aleria-24-aout--3-.jpg

 

Nous débutons la visite par l’avant de l’avion. Le nez de l’appareil a disparu et les hélices se sont tordues sous le choc de l’amerrissage. Je jette un petit coup d’œil dans le cockpit, où cadrans et manettes gardent les traces d’une colonisation par les vers et les hydraires. Sur le toit, l’antenne ne ressemble plus trop à une antenne, mais à un support de culture d’algues. Quant au radar en forme de ballon de rugby, lui n’a plus de forme du tout, à part celle qu’une imagination débordante veut bien lui donner.

 

09-2è plongée sur le B25 d'aléria-24 aout (6)

 

 En poursuivant, je tombe sur la tourelle et ses deux mitrailleuses toujours dressées vers la surface. Passé avant moi, David a fait le ménage, et je peux voir quelques munitions toujours posées dans leur logette.

 

09-2e-plongee-sur-le-B25-d-aleria-24-aout--29-.jpg

 

Continuant le trajet au-dessus de l’appareil, j’évite de trop m’approcher du fond et soulever la vase traîtresse, ennemi du photographe. En suivant la carlingue, j’arrive sur la queue à double empennage. Algues, éponges, hydraires, bivalves recouvrent la presque totalité de la structure. Ces invertébrés accrochés au métal constituent un véritable récif où se développent des populations de castagnoles, gobies, petits mérous, pagures, flabellines …

 

09-2e-plongee-sur-le-B25-d-aleria-24-aout--10-.jpg

 

Avant de remonter, nous jetons un dernier coup d’œil, espérant avoir une vue d’ensemble correcte, mais nos passages ont soulevé des myriades de micro particules vaseuse. Cette visite aurait mérité meilleure visibilité.

Mais à quatre, nous étions déjà trop. A l’instar de la plongée sur le B17 de Calvi, celle-là aussi j’aurais du la faire tout seul.

 

B25mitchell.jpg

 

Bloc-Notes :

Corsica Wreck Diving :

- Plongée privée sur le B17

 

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 16:20

Calvi, août 2014

 

01-calvi.JPG

 

Suite à un quiproquo/oubli/malentendu, la plongée que j’avais prévue à 14h fut miraculeusement avancée à 12h30. J’ai l’outrecuidance de parler de miracle, parce que se retrouver tout seul sur l’épave de ce fameux B17, en plein mois d’août, relève simplement d’un prodige.

 

C’est Pascal, de Calvi Plongée, qui me proposa cette solution, ayant d’autres plans pour l’après-midi. Il m’amena donc sur le site, au pied de la citadelle, en quelques minutes de navigation, me guida jusqu’à l’épave, et me "laissa faire ma vie", patientant sagement vers 20 mètres, alors que je profitais pleinement de cette plongée, seul au monde.

Ce club de Calvi m’avait été conseillé par deux personnes différentes : Gérald Vulliez, plongeur suisse et remarquable photographe, et l’autochtone David Paoli, de l’asso Corsica Photosub. Une bien bonne idée qu’ils eurent là !

 

Revenons à notre épave !

Après le survol des rochers immergés sous la citadelle, puis un vol stationnaire quelques mètres au-dessus de la tôle, le temps d’une vue panoramique du site, nous descendions en piqué sur l’objet de ma convoitise. Pas une bulle, pas une palme, pas une particule soulevée par un quelconque prédécesseur. Et surtout pas une seule silhouette dans mon champ de vision.

 

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Pascal m’a en effet laissé faire ma vie, jouant avec ses bulles dans son coin, jetant de temps en temps un coup d’œil vers le bas pour s’assurer que j’étais toujours là. J’eus tout le loisir de découvrir les murènes cachées dans les restes du cockpit ou dans l’extrémité cassée de l’aile droite, les chapons au repos à l’intérieur de cette même aile, quelques antennes aussi trahissaient la présence de petites langoustes … sans parler du banc de sars qui semble avoir élu domicile sous l’aile gauche. Le cadre est grandiose : l’épave, bien qu'incomplète, repose bien droite sur le sable, entourée de posidonie et de rochers, et présente tout de même une très belle partie avant de la forteresse volante qu’elle fut jadis.

 

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Sorti des usines Boeing de Seattle, ce B17 finit tristement sa vie aérienne en février 1944, au pied de la citadelle de Calvi. En mission en Italie, il fut pris pour cible par des chasseurs allemands, qui tuèrent deux membres de l’équipage et en blessèrent un troisième. De retour vers la base de Calvi, non prévue pour un si gros appareil, le pilote tenta l’amerrissage et le réussit tant bien que mal, à près de 200 mètres des murs de la citadelle, après avoir largué près d’une tonne de munitions. L’appareil, dans le choc, se cassa en deux, la queue se séparant de l’avant. Peu après, le B17 entama, par 27 mètres de profondeur, une seconde vie, celle qui attire les plongeurs du monde entier.

 

Donc, tout seul sur cette grandiose épave, je débutai ma visite par l’aile droite, puis ses deux moteurs. Je fis ensuite une petite incursion dans ce qu'il reste de la carlingue, juste le temps d’effaroucher une murène, je jetai un œil sur le cockpit et les sièges des pilotes.

 

26-carlingue

 

Puis ce fut au tour de l’aile et des moteurs gauches. Avant un retour vers le fuselage, et un deuxième passage sur l’aile droite. Après 30 minutes à tranquillement explorer ces vestiges, je me décidai à remonter et rejoindre Pascal, qui voyait ses paliers enfler à vue d’œil, ayant déjà plongé deux fois avant mon arrivée. Je quittais le site, mes yeux ne distinguant plus que la forme de l’appareil dans le bleu, encore tout heureux de la chance qui me fut offerte. Et, encore une fois, je remercie vivement Pascal pour ce voyage !

 

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 19:54

En juin dernier, lors de notre plongée sur la Zone Interdite  du Grand Congloué, puis le repas qui suivit, avec des anciens de la Calypso, il me fut permis d’approcher ce que l’on a coutume d’appeler des "personnalités". Parmi elles, Francis Leguen , Gaby Di Domenico, François Dorado et André Laban, dont j’avais déjà croisé la route en 2014. J’avais, cependant, à cœur de rencontrer l’auteur d’un livre dont j’avais entamé la lecture, "Cousteau, 20 000 rêves sous les mers". En prévision de cette rencontre avec Franck Machu, j’avais en tête plusieurs questions à lui poser au sujet de son bouquin. Petit à petit, c’est une véritable interview qui prenait forme dans ma tête.

depuis-avril-2014 0016

 

Cette journée fut si riche en évènements, rencontres, discussions ou échange de souvenirs, que l’occasion de s’isoler quelques minutes avec Franck ne se présenta pas. Mais autre chose germait en moi : l’idée d’une interview à distance, les possibilités technologiques d’aujourd’hui permettant ce genre de choses. Franck prit tout de même le temps de me dédicacer son livre, et de répondre à quelques questions qui me brûlaient les lèvres. Par contre, nous nous mîmes d’accord pour cette interview via le net.

 

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Une fois ma lecture achevée, je rédigeais mes questions et les lui envoyais, en insistant bien sur le fait qu’il pouvait dévier du sujet de départ si c’était nécessaire, ou si le cœur lui en disait. Il a mis du temps à me répondre, mais l’attente fut récompensée.

Et il ne s’est pas privé de dévier quelque peu ! D’ailleurs sa réponse commence par : "Ça risque d’être un peu long. Mais tant pis pour toi… fallait pas demander."

 

Au vu de sa prose à rallonge, je pensais, dans un premier temps, réajuster le texte en y incorporant de nouvelles questions, mais finalement, je me suis décidé de vous livrer tel quel.

 

 

 

 

« -Comment te sont venues l’envie ou l’idée d’écrire cette histoire si riche ?

 

Ça risque d’être un peu long. Mais tant pis pour toi… fallait pas demander.

Dès l’école primaire, peut-être même dès la maternelle, j’étais tellement passionné par cette histoire, que je racontais à tous mes copains que j’étais allé sur la Calypso. Un peu mytho le tout jeune Franck ! Mais c’était tellement puissant pour moi, que si je mentais, ce n’était que provisoire, un jour ça serait vrai. C’était obligé.

J’ai grandi loin de la mer, à Paris et à Lille. J’ai découvert une autre activité que la plongée, plus facile à pratiquer sur la côte d’Opale et la côte flamande : la planche à voile, une véritable passion dévorante là aussi. Ça m’a permis de survivre au fait de ne pas être à bord de la Calypso, mais ce bateau et son commandant me hantaient.

J’ai harcelé ceux, parmi mes proches, heureux possesseurs des premiers magnétoscopes. Il me fallait tous les films Cousteau qui passaient à la TV. J’en étais malade lorsque je manquais un film, lorsqu’un inconscient manquait de programmer le bon jour ou la bonne chaine, ou lorsqu’il manquait ne serait-ce qu’un générique ! J’ai toujours eu cet esprit collectionneur... rassembler tout ce qui traite d’un sujet qui me passionne… S’il manque un arbre, c’est toute la forêt qui est défrichée. Un peu "polar" l’ado Franck. Aïe ! Ça ne s’est pas arrangé avec l’âge.

Rêvant à devenir le nouveau André Laban ou le successeur de Jean Mollard (les deux concepteurs de la soucoupe plongeante), j’ai choisi des études d’ingénieur en Génie Marin, et devine où ? A Marseille bien sûr, à l’ESIM, devenu Centrale Marseille depuis, la même école que Jean Mollard… je ne le sus qu’en l’interviewant en 2006.

 

1990 : coup de foudre pour Marseille, pour ses calanques, et premiers pas en plongée, enfin ! Des années magiques ! Le rêve de bosser dans l’ingénierie marine n’avais jamais été si près de se concrétiser, et en attendant Cousteau, il y avait la COMEX. J’y ai fait mon stage de fin d’études d’ingé, au moment même où se déroulait l’expérience de plongée à 700m  HYDRA X, mais aussi à la fin d’une période difficile pour Delauze, qui au moment même où je décrochais mon sésame, et où j’avais un pied dans la place, annonçait la cession de Comex Services au groupe luxembourgeois Stolt Seaway. Patatras ! Il n’était plus question d’embauche mais de débauche. Une bonne partie des ingénieurs Comex attachés à Marseille quittaient le navire.

Je me suis consolé en allant faire un service civil de 16 mois à Mayotte, pour mener des projets en énergie solaire pour l’Ademe. Je me suis gavé de plongée et j’y ai vécu une période magique dans ce confetti d’Afrique cerclé d’un des plus beaux lagons du monde.

Et Cousteau dans tout ça ? Toujours aussi présent, mais en 1995, à mon retour de Mayotte, j’étais déjà papa, et j’ai dû me résoudre à endosser l’uniforme d’un jeune cadre dynamique dans l’industrie offshore. Par chance, j’ai pu éviter Paris, et j’ai commencé à travailler à Béziers, chez un des leaders mondiaux du matériel de forage en eaux profondes. Cinq ans, où il fallait bien faire vivre ma petite famille en rêvant devant les films Cousteau, suivi d’un nouveau boulot à Nantes dans la construction de plateforme et les équipements de navires. Entre temps, en 1997, Cousteau mourrait, et avec lui le rêve lointain d’intégrer l’équipe mythique s’évanouissait un peu plus. Mais je continuais à vivre le rêve par procuration devant les films. J’ai continué à collecter tout ce qui me manquait. J’ai fini par amasser une documentation conséquente et par lire tout ce qui existait sur le sujet.

Un jour de grande lassitude de ma condition de technicien de la chose pétrolière, alors que je venais de relire "La Passion du Bleu" d’André Laban, je me suis décidé à lui écrire une longue lettre. Je lui exprimais mon admiration pour l’œuvre de l’équipe Cousteau, je prétextais un soi-disant livre, vague projet pour donner un tour sérieux à mes questions de fan. L’envie d’écrire avait toujours été présente mais tellement éloigné de mon activité industrielle quotidienne.

Puis un soir, de retour d’un dimanche radieux fait de nage et d’apnée dans les eaux de Noirmoutier, j’écoutais un message laissé sur mon répondeur téléphonique : André Laban, d’une voix douce et néanmoins terriblement intimidante, proposait de me rencontrer. Une éclaircie dans ce soir de veille de retour au bureau. Je ne pus fermer l’œil de la nuit, agité par une cogitation exacerbée. Le lendemain je le rappelais, fébrile. Bingo ! Non seulement il proposait de le rencontrer, mais il m’invitait chez lui, à Saint Antonin Noble Val ! Le sol tremblait, le ciel se teintait d’azurs lointains. J’étais le plus heureux et le plus anxieux des écrivains usurpés, pris à mon propre piège. Le bras droit de Cousteau me proposait son aide pour écrire un bouquin dont je ne voyais même pas les premiers contours.

Je l’ai rencontré un mois plus tard. Ce qui m’a laissé le temps de murir mon idée. Pourquoi et comment Cousteau et son équipe m’ont-ils tant marqué ? Réponse : parce que l’Odyssée, parce que les films. Rien parmi mes lectures ne m’en avait beaucoup appris sur la réalisation des films, sur le travail de cinéaste de Cousteau. Et pourtant, peu de cinéastes ont fait autant de films, et peu ont autant marqué et influencé une génération. Je tenais mon sujet.

 

- Quelles sont les premières personnes rencontrées ? Quel a été l’accueil à ce projet ?

 

J’ai donc passé une journée entière chez André Laban en août 2003. Des heures de discussion avec ce monsieur incroyable. Intimidant mais totalement charmant. Erudit, facétieux, artiste et technicien hors pair à la fois. Capable de démontrer le théorème de Pythagore avec trois formules de collège, de traduire les inscriptions latines des murs de Saint Antonin, et d’interrompre son récit d’un calembour sorti de ses songes. Je découvrais que Laban avait vraiment inventé les caméras Cousteau et qu’il était capable de m’en dire plus que n’importe qui sur "Le Monde du Silence". Mon thème cinéma était bien parti.

Lorsque nous nous sommes quittés, il m’a donné rendez-vous pour le Festival de l’Image Sous-Marine d’Antibes, à la fin octobre, où il exposait ses toiles chaque année. Il avait des gens à me faire rencontrer…

Fidèle au rendez-vous, il me reçut comme un vieil ami. Et dans la même journée, il me faisait rencontrer sur son stand Albert Falco, Jean-Michel Cousteau, Michel Deloire… Mes pieds ne touchaient plus par terre.

Lorsque le député maire d’Antibes, Jean Leonetti, en visite du Festival, guidé par Daniel Mercier, sous les flashs des photographes, venait saluer Cousteau, Laban et Falco sur le stand Laban, j’étais installé dans les sofas à discuter le bout de gras avec Jean-Mine et Bébert… J’étais dans le film…Leonetti dû me prendre pour un calypsonaute.

 

- Des personnes ont-elles refusé de te rencontrer, et pourquoi ?

 

Laban m’a ouvert son carnet d’adresse. Je téléphonais à Jacques Renoir, à Bernard Delemotte, à Jean Mollard, avec le meilleur des mots clés : "… de la part de Laban".

Un seul a eu des réticences. Armand Davso, et sa femme Nicole, des intimes de Cousteau et de la Bergère. J’ai su après qu’ils me prenaient pour un journaliste qui voulait faire un papier polémique, en pleine affaire Calypso à la Rochelle… Par la suite, ils ont compris ma flamme et ma motivation, et ils m’ont accueilli chez eux à Monaco. Un moment magnifique.

 

- Tu as du rencontrer pas mal de monde. Quelle est la personne qui t’a le plus surpris ?

 La personne la plus en décalage avec ce que tu attendais ? 

 

Laban est bien évidemment l’une des plus belles rencontres. Et il ne cesse de me surprendre encore 11 ans après. Je n’ai pas fait le compte des personnes rencontrées. Mais il y a bien sûr des moments qui comptent plus que d’autres. Je suis particulièrement heureux d’avoir pu rencontrer Jean Mollard (monsieur sous-marin), Jean-Charles Roux (le designer génial), Armand Davso (monsieur caméra et détendeur) avant leur disparition, et Claude Strada (toujours en pleine forme), qui ont constitué les premiers personnages clés de l’OFRS, le bureau d’études de Cousteau à Marseille qui, avant la célébrité télévisuelle de son Directeur, a fait réaliser à l’homme des pas de géants dans la pénétration du monde sous-marin.

Il y eu aussi Hedwige Bienvenu, Michel Deloire, et Jacques Renoir, qui m’ont vraiment fait comprendre le cinéma de Cousteau.

Bien sûr les moments avec les plongeurs avaient une signification particulière : Bernard Delemotte, qui incarne l’aventurier mythique, le baroudeur des mers, l’homme qui communie avec les animaux, s’est révélé rigoureux, ultra-professionnel, travailleur acharné. Raymond Coll, Raymond Amaddio, des perles d’hommes, modestes et solides, comme Albert Falco, fidèle à sa légende. François Dorado, comme un copain de toujours. Et Didier Noirot, énorme !

 

- Parmi les personnes que tu n’as pas pu, ou pas eu l’idée de rencontrer, quelle est celle que tu regrettes le plus ?

 

Le regret premier bien sûr est de ne pas avoir rencontré Jacques-Yves Cousteau et Philippe Cousteau.

Une autre rencontre manquée m’est apparue plus poignante encore, celle de Frédéric Dumas. Paradoxalement d’ailleurs, car c’est en découvrant ce personnage si secret que le regret s’est fait jour. De Dumas je ne connaissais que les exploits de chasseur, d’artificier spécialiste des explosifs, et les qualités de plongeur hors pair qui rendent si éclatantes les plus belles séquences du "Monde du Silence" ou de "Epaves".

Quelle erreur de limiter cet homme-là à ça !

La rencontre, le mot n’est pas faux, s’est faite à l’initiative de Louis Augusto, autre passionné de Cousteau, qui en 2013, a eu l’idée d’un petit livre hommage sur Dumas à l’occasion du centenaire de sa naissance  en 2013. J’ai sauté sur l’idée. Louis a pris rendez-vous avec le Musée Dumas de Sanary, et nous avons fait la rencontre de Juliette Tilquin, la fille de Didi Dumas. Quelle surprise de découvrir la maison de Didi à Portissol, restée inchangée depuis sa disparition en 1991. Cette visite a été un véritable choc pour moi. Les meubles, les objets rapportés des tours du mondes de la Calypso, les livres partout, les fenêtres donnant sur la mer. Tout était intact, jusqu’à son dernier matériel de plongée dans un placard du garage, et la R8 Major avec les clés sur le contact. … Je sentais Didi Dumas, sa présence. Depuis deux ans, je me suis rendu huit fois chez Didi. Juliette m’a donné accès à toutes ses archives, à ses journaux de bord, à ses correspondances. Chaque fois que je séjourne dans cette maison, je me sens habité par ce personnage. J’ai même eu l’occasion d’y passer trois jours tout seul pour explorer sa bibliothèque, ses disques, sa collection de coquillages, et d’objets archéologiques. Depuis deux ans, j’explore ses écrits, ses pensées, je récolte les témoignages de ses proches, de ses intimes. Je me sens une réelle complicité, une sorte de filiation spirituelle. Ce que Juliette Dumas m’encourage à penser. La richesse des archives et des documents dont je dispose a transformé le projet de petit livre en un projet de biographie. Dumas, si discret, si peu enclin à se mettre en avant, est resté tellement méconnu. Il a pourtant joué un rôle considérable dans l’entourage de Cousteau, en partageant plus qu’aucun autre ses projets dès leur stade embryonnaire.

Dumas est devenue la plus belle de ses rencontres, même si elle ne restera à jamais que virtuelle.

 

- As-tu collecté des pièces (photos, films …) par l’intermédiaire de ces rencontres ?

 

Comme je le disais plus haut, oui bien sûr.

Je collecte les témoignages, les archives parfois, lorsque les anciens ont gardé des choses et acceptent de les partager. J’ai de nombreuses photos, des notes, des courriers, mais que des scans ou des copies. Pas d’originaux, ce qui m’intéresse, c’est le contenu. Ils me permettent de comprendre et de décortiquer les rouages des nombreuses activités de Cousteau et de son équipe. Ce qui me donne la matière à plusieurs livres qui me restent encore à écrire.

 

- En ce qui concerne "Le monde du silence"  et les scènes rejouées du jeune cachalot et du massacre des requins longimanes, de quelles façons les gens en parlent-ils ?

C’est d’ailleurs par ton livre que j’ai appris que la scène n’était pas celle d’origine, ce qui m’a horrifié une seconde fois, après la première pendant le visionnage du film, sur internet, quelque temps avant d’avoir ton livre en main.

 

Tu mets là le doigt sur un aspect de la découverte du monde marin particulièrement déroutant à nos yeux d’homme du 21ème siècle. Les témoins de cette époque ont une réticence évidente à en parler, tant ils ont peur d’être jugés. André Laban est le seul à l’avoir fait. Il me l’a lâché du bout des lèvres, presque pour tester ma réaction, puis il me l’a confirmé, comme s’il signait un aveu. Me laissant le soin d’en faire ce que bon me semblait. C’est une sorte de responsabilité que d’en avoir été le receveur et un cas de conscience que d’en parler.

La lecture du journal de Dumas, m’a encore appris beaucoup de chose depuis sur le rapport de ces pionniers au monde animal. Cette scène du "Monde du Silence" est, j’ose le dire, banale, dans les pratiques de l’époque. Et ces pratiques n’étaient pas réservées à la Calypso, mais à tous les marins et plongeurs de ces années-là, qu’ils fussent du CASM (Club Alpin Sous-marin), du GERS, ou de tout autre groupe de pionniers de la découverte du monde marin.

J’aimerais avoir le courage, la compétence et le talent d’écrire un jour sur ce sujet, qui est tout sauf anecdotique. Il touche à l’évolution de la conscience des hommes dans leurs rapports  à leur environnement, à la nature, et de façon plus fondamentale encore, à la vie, au cours d’un siècle charnière. C’est un sujet complexe, où il est si facile de céder aux anachronismes, et qui dépasse largement la seule histoire de la plongée et du cinéma sous-marin.

 

- Tu ne t’étends pas énormément sur le conflit qui opposa JYC à son fils. Une volonté, de ta part, de ne pas ternir une image ou de ne pas dévier du sujet ?

 

Jean-Michel Cousteau est resté distant avec moi. J’ai fait la connaissance de Pierre-Yves Cousteau et de Francine Cousteau. Les relations sont complexes entre eux. C’est un euphémisme. J’ai acquis la conviction que ces conflits relèvent de la vie privée des Cousteau, et qu’ils n’auraient jamais dû être jetés en pâture aux médias. Cela aurait été une forme de trahison de la confiance accordé par les uns et les autres que de donner mon avis sur un sujet aussi délicat et douloureux.

 

- Sur la fin, JYC se tournait de plus en plus vers les questions d’environnement. Je me souviens de l’une de ses dernières apparitions, quand il s’est opposé à Jacques Chirac et la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique. Tu n’en fais pas mention dans ton ouvrage. Une raison particulière à cela ?

 

Je ne mentionne pas en effet cette opposition à Chirac car ça n’apparaît pas dans un film, et le livre reste axé sur les films. Il y avait tant de choses à dire encore…

 

-A quelle aventure aurais-tu voulu participer ?

 

Au début, j’étais tout spécialement fasciné par le démarrage de l’Odyssée sous-marine, la croisière de trois ans de 67 à 70, et cela reste pour moi un sommet, avec l’expédition Antarctique. Mais le moment le plus sensationnel est devenu l’époque 1954-1955, les missions "pré-Monde du Silence" et "Monde du Silence". Quelle époque fabuleuse ! Aucun nuage n’était encore à l’horizon. Le monde venait de s’agrandir. Le fond des océans offrait une terre vierge à ces hommes des années 50, qu’aucun homme avant eux n’avaient jamais pénétrée ni entrevue. Quel privilège exceptionnel !!

 

- Le titre est "Cousteau, 20 000 rêves sous les mers", et pourtant pas de mer, pas de poisson, pas de scène de plongée sur la couverture !

 

C’est un choix de l’éditeur avant tout, que je n’ai pas trouvé mauvais. Cousteau symbolise la nature presque autant que le monde sous-marin. Je m’étais amusé à faire des projets de couvertures que j’avais soumis à des amis et à ma famille. Aucune ne mettait tout le monde d’accord. C’est très difficile de résumer un livre en une photo. 

 

 Questions plus générales : 

-As-tu rencontré JYC de son vivant ?

 

Comme je le dis plus haut. Jamais. Ça reste un énorme regret. Mais une rencontre le temps d’un autographe ou d’une poignée de main, ne représenterait pas grand-chose à mes yeux. Ce qui m’intéresse, c’est de vivre un moment de communication avec quelqu’un, de partager un moment de complicité. Et cela aurait été un rêve bien difficile à concrétiser dans l’emploi du temps hallucinant du Cousteau des années 90.

 

-As-tu d’autres projets concernant l’épopée Cousteau ?

 

Je crois que je réponds largement plus haut. J’ai de quoi écrire plusieurs livres. Dont un qui pourrais s’intituler "Un ingénieur nommé Cousteau", et qui pourrait retracer toute l’œuvre accomplie par lui avec son équipe avant que ne débute vraiment sa popularité télévisuelle.

 

-Aujourd’hui encore, quand je discute de ma passion de la plongée et de cette odyssée avec d’autres personnes, beaucoup de mes interlocuteurs ont une vision très critique de l’œuvre et du personnage ; et souvent à l’origine de ces avis, se trouvent des contre-vérités. Comment expliques-tu cela ?

 

Très grande incompréhension pour moi. Je me suis longtemps donné pour mission de les faire changer d’avis. Aujourd’hui, je me suis fait une raison. On ne peut pas plaire à tout le monde. Et on n’est pas obligé d’aimer et d’adhérer. Il y a toujours des esprits qui sont dérangés par la réussite flamboyante des autres, plus en France qu’ailleurs. Aux USA, Cousteau est une icône unanimement respectée. En France, c’est tout l’inverse. Qu’un seul petit esprit revanchard émette un son dissonant, et c’est une chorale qui reprend en chœur. Cousteau avait une telle puissance de rêve et un tel génie à concrétiser ses rêves, qu’il a donné de quoi rêver à plusieurs générations. Aujourd’hui, j’ai plus envie de plaindre ceux qui ne rêvent pas, que de tenter de les convaincre. C’est tellement dommage pour eux. »

 

 

Je dois avouer que certaines réponses m’ont ému. Par moment, il me semblait me reconnaître dans certains souvenirs. Pas étonnant, nous sommes de la même génération de ceux qui ont découvert l’aventure sous-marine par les yeux des calypsonautes (terme inventé par André Laban himself). Je tiens à le remercier, une nouvelle fois, pour le temps qu’il m’a accordé.


" Au plaisir de refaire une plongée spéciale avec toi "

 

Je ne peux qu’inviter les lecteurs de ce blog à découvrir ces "20 000 rêves sous les mers" extrêmement bien documentés et complets. Franck va d’ailleurs devoir se remettre au boulot. Il y a tant à écrire encore !

 

 depuis-avril-2014-3206.jpg

                     Franck et le collectionneur américain Ryan Spence (Marseille, 14 juin 2014)

 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 18:25

Une asso est née : l’ASPEPO !

 

L'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine des Epaves des Pyrénées-Orientales se donne pour mission de faire connaître ces épaves, les mettre en valeur et les protéger. Parmi celles-ci le célèbre Alice-Robert, au large d’Argelès-sur-Mer. Mais aussi des « amas » de tôles méconnus, gravement menacés, notamment par les filets de pêche.

Et pourquoi ne pas en découvrir de nouvelles !

 

 alice-robert.jpg

                                 (Photo P.Strazzera, publiée avec l’accord de l’auteur)

 

L’ASPEPO lance un appel via son site : http://aspepo.blogspot.fr/

 

« Vous avez plongé sur une ou plusieurs épaves de la Côte Vermeille ? Vous pouvez nous aider à réaliser une étude concernant la plongée sur ces épaves.

A ce jour, aucune donnée statistique n'existe permettant de savoir par exemple quelle est la perception des plongeurs au sujet de ces épaves, quels types de plongeurs les visitent ou encore quelles seraient les améliorations à apporter pour favoriser la plongée tout en protégeant ces vestiges historiques.

En répondant au questionnaire anonyme, vous participez à l'acquisition de données qui serviront à dessiner les contours d'une activité aux impacts patrimoniaux, environnementaux et économiques très mal définis. »

 

Je vous invite à visiter le site et remplir le questionnaire :

https://docs.google.com/forms/d/1hYQbaeuL97e1nOptXJoiIznFvzgT9iFnIcBj2K8Ul6E/viewform

 

 

Moi, c’est fait !

 

LONGUE VIE A L’ASPEPO !

 

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 19:45

Ma page dailymotion, où sont visibles mes modestes vidéos sous-marines, vient de dépasser les 10 000 vues.

 

Un grand merci à ceux qui m’ont rendu visite !

 

Retrouvez la liste de ces petits films, ici.

 

Parmi les plus vues, la reproduction des holothuries (la Pierre de Briançon, Marseille)

 

 

Parmi mes préférées :

La plongée bretonne

 

L’étang de Thau

 

La croisière épaves en Mer Rouge

 

Les requins et les crocos des Jardins de la Reine, à Cuba

 

 

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Bloc18 Bloc 18 - dans divers
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 20:01

1983 : un groupe de cinq jeunes "beatniks" français (dixit Francis Leguen lui–même) montent une expédition dans le désert de Nullarbor, dans le sud de l’Australie. Au bout de cette aventure, un record mondial de plongée souterraine : la cavité de Cocklebiddy est explorée sur 10 km aller-retour en 47 heures, en scaphandre autonome ! Un film, "L’eau noire", fut diffusé sur Antenne 2, puis un bouquin, "Les scaphandriers du désert", sortit en 1986.

 

2014 : à l’initiative de Marc Langleur, le film 16 mm est numérisé par l’intermédiaire d’un fan, Thomas Nicolle.

02-leguen--bobine.JPG

 

01-avant-apres.jpg

 

Puis, avec l’accord de Francis Leguen, une soirée projection/conférence est organisée à Camaret, dans le Vaucluse.

 

 

« Bonjour, 

Merci de vous êtes inscrit pour assister à la conférence "Nullarbor" de Francis le Guen, à Camaret sur Aigues (84 près d'Orange).

Un rafraichissement vous sera proposé à votre arrivée, une exposition de "fractales" (tableaux) sera visible sur place, création Francis le Guen.  

A 20h30, début de la projection du film  "L'Eau Noire" (45mn), relatant l'expédition en Australie, et qui avait donné lieu par la suite, à l'écriture du livre "Les Scaphandriers du désert". Après la projection, questions-débats sur l'expédition, dédicaces, et apéritif dinatoire.

Nous vous remercions de votre présence, et à très bientôt

Marc Langleur/ Francis le Guen »

 

J’adore recevoir des mails de la sorte. Surtout quand le mail suivant fait état de la présence de Gaby Di Domenico et Xavier Meniscus, et d’autres surprises.

 

04-Flyer-conference-Vaucluse.jpg

 

Ce sont 110 personnes qui prirent place sur les strapontins et les chaises de la salle de Camaret. Nombreux étaient les visiteurs originaires des départements voisins, mais certains aficionados sont spécialement venus de Marseille, Nîmes, Lyon, Lausanne … et même Nantes !

Cette rencontre, voulue et organisée par Marc Langleur, reçut le soutien d’un sponsor "Le domaine Galévan" de Courthézon, et l’aide du club spéléo des "Joyeux Croque Cailloux", de Camaret. Son président Michel Rassis, également plongeur, remercia la commission audiovisuelle du comité-spéléo du Vaucluse, pour son aide et sa présence. Le plongeur Francis Leguen n’est pas un inconnu pour les spéléologues, car il a fait tellement de "pointes" au début de sa carrière qu'il a laissé son nom un peu partout (dixit Marc).

 

J’ai fait, plus haut, mention d’un mail qui annonçait des surprises.Et des surprises, il y en eut surtout pour l’intervenant.

Tout d’abord, c’est son frère Eric qui, par l’intermédiaire d’une vidéo, adresse un message à Francis. Faut-il rappeler qu’Eric faisait partie de l’expédition de 1983 ?

 

http://www.youtube.com/watch?v=DCng9m4wsl8


Francis prit ensuite la parole (je me permets de le nommer par son petit nom, j’ai tout de même plongé avec lui la semaine dernière, sur un site mythique), pour expliquer sa façon de voir les choses à l’époque, son refus de scénariser cette aventure pour les besoins de la télé, l’extraordinaire foi qui animait le groupe … Il fut interrompu par un coup de téléphone inattendu.

 

depuis-avril-2014-3284.jpg

 

Au bout du fil, le peintre Jean-Marie Leguen, son père, venu aux nouvelles … et qui apparaît miraculeusement au bout de quelques secondes sur le pas de la porte, venu tout spécialement d’Honfleur, en passant à travers les mailles du filet gréviste, pour assister à cette conférence.

Quand débute enfin "L’eau noire", nous découvrons les deux frères Leguen barbus, et leurs acolytes. Ce sont donc trois hommes et deux femmes qui participèrent à cette expédition. Seuls les Leguen plongèrent, Francis à la caméra. Je ne vais pas ici vous raconter le film, mais ces 45 minutes "vintages"  furent passionnantes et époustouflantes. Rappelons que nous sommes en 1983, et que le matériel utilisé a énormément évolué depuis.

 

05-leguen-barbu.jpg

 

Après la projection, Francis répondit aux diverses questions posées, notamment celles de Gaby Di Domenico, très intéressé par le matériel utilisé. Il eut l’occasion de parler d’un autre record, réalisé en 1979 : 5 km de siphons parcourus en 9h30 au Trou Madame, dans le Quercy. Exploit qu’il relata dans le magasine "Etudes et sports sous-marins" en novembre 1979, dans l’un de ses premiers écrits, "Le mirage bleu".

 

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Profitant de la présence de Xavier Meniscus dans l’aréopage, il l’invita à venir nous parler de son tout récent record : 240 mètres de profondeur atteints dans le Goul de la Tannerie, à Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche, et plus de dix heures passées sous l’eau.

 

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                                    (avec une de mes photos projetée sur le grand écran)


La soirée se poursuivit avec l’exposition des dernières œuvres de Francis, "les Fractales", qui enthousiasmèrent de nombreux amateurs. Les volontaires eurent droit à la dédicace par Francis et Gaby de "Narcoses" et "Pirates". Il y eut enfin les traditionnelles photos de famille, où les inconditionnels des réseaux sociaux se rencontrent enfin en vrai …

 

Francis en parlait dans son blog :

http://www.blog.francis-leguen.com/australie-lexpedition-nullarbor-a-30-ans/

 

 

Toutes les photos : le making of de la soirée, la conférence, l’after

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 15:23

Avant notre aventure sur le Grand Congloué, déjà relatée sur ce blog, nous avions plongé la veille, histoire de nous réadapter à la fraicheur méditerranéenne. N’ayant pas trempé mes palmes depuis mon retour de Cuba, il m’a bien fallu descendre à 45 mètres, au Moyades, pour me remettre dans le bain. Sympa, la thermocline à -30 mètres !

Rien de bien nouveau sur ce site, excepté que nous l’avons abordé du côté sud.

Alors qu’en cette période, certains montent au filet, nous, nous y sommes descendus.

 

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Le projet de la journée était de se faire une épave. Ce fut chose faite l’après-midi, avec la visite du Liban, sur le site des Farillons. C’était ma troisième plongée sur cette épave, la dernière remontant à mars dernier. Cette fois, la visi était très correcte malgré trois mètres de purée de pois, qui nous a fait présager le pire. Passés ces trois-quatre mètres d’eau verte et "épaisse", nous passions la thermocline, sacrément remontée avec le mistral frémissant. Je regrettais presque d’avoir laissé ma souris et mes gants dans le sac.

 

La visibilité était loin d’être excellente cependant. De nombreuses particules longues et effilées, se collaient à tout : gorgones, structures, … et nous me donnait l'impression d’une piscine publique rarement nettoyée.  Ne manquaient que les cheveux et les pansements !

 

Alors que nous avions laissé filer les autres palanquées loin devant, nous nous retrouvions quasiment seuls sur l’épave : quel pied ! Seule cette silhouette vintage aperçue à l’arrivée sur les chaudières nous rappela que le lendemain allait être épique.

 

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Après quelques clichés effectués sur ces chaudières, nous priment la direction de la poupe, espérant pouvoir profiter des bonnes conditions du jour. Machinerie, bossoirs, structures diverses, nous empruntions le chemin classique. La poupe, séparée du reste de l’épave, repose sur son côté tribord. En nous éloignant autant que la visibilité le permettait, nous avons enfin pu avoir cette magnifique vue, par l’arrière. Semblant surgir du sable à 36 mètres de profondeur, la structure penchée était entourée d’une myriade de poissons. Malgré le drame qui s’est joué ici en 1903, la vie a bien repris ses droits.

 

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Après quelques minutes à profiter du spectacle, en oubliant complètement d’aller voir l’hélice, nous prenions la direction de la cabine, à l’écart, puis le grand mât, où un énorme congre avait élu domicile. C’est par une grande cassure que je vis sa tête apparaître, puis le reste de son corps filer quand il se mit en mouvement.

 

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Le temps nous était compté, alors nous prîmes la direction de la proue, sans avoir l’occasion de visiter les structures centrales et les cales, en faisant juste quelques photos en passant. En arrivant au niveau des bossoirs avant, un saint-pierre rajouta un peu de piment à cette plongée, en coupant notre trajectoire et en se mêlant rapidement aux nombreux sars, castagnoles et barbiers.

 

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Un dernier regard sur la proue posée à 28 mètres, quelques clichés, et l’ascension débuta vers les arches. Nous retrouvions au-delà du "vortex", les autres palanquées en pleins paliers.

Nous pensions déjà à la suite des évènements !

 

Toutes les photos de la plongée sur :

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 16:00

Suite à notre émouvante plongée sur la Zone Interdite du Grand Congloué, sur les traces du commandant Cousteau, nous étions conviés à retrouver certains anciens de la Calypso, qui avait pu braver la grève du rail, pour le repas annuel.

Ils étaient bien peu nombreux, mais ça suffisait à nous rendre heureux pour le reste de l’après-midi. Sans se lancer dans l’idolâtrie ou l’adoration, il faut rappeler que c’est grâce à ces gens-là que beaucoup d’entre nous plongent. C’est par le biais des émissions de télévision, auxquelles ils ont participé, que nous avons découvert l’envers du décor, que nous avons pu nous immerger "eau-delà du miroir".

 

Tous les plongeurs de la Zone Interdite, séchés, habillés, champagnés, se sont donc retrouvés pour poser une belle cerise sur le gâteau du jour.

 

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Etait présent le plus ancien d’entre eux, André Laban (rencontré au Salon de la Plongée en janvier dernier) qui a démarré sa carrière au sein de l’équipage Cousteau, sur la fouille du Grand Congloué, en 1952. Il n’était pas venu les mains vides, puisque des tableaux lui avaient été commandés, œuvres qu’il dédicaça sur place, au grand bonheur de l’acheteur.

 

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              (Gaby Di Domenico, autre invité de marque, et André Laban)

 

Les autres membres de l’équipage présents ce jour étaient Raymond Coll (également arrivé en 1952), Christian Bonnici (1963), François Dorado, aussi rencontré au Salon (1968), et Marc Zonza (1975).

 

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Les anciens, de gauche à droite :

De face, Gaby di Domenico, André Laban, Raymand Coll et Madame

Leur faisant face, Marc Zonza, François Dorado, Christian Bonnici

 

Ils acceptèrent gentiment de se faire photographier, il y eut échanges de vieilles photos, échange d’anecdotes, quelques autographes furent distribués … J’en profitais pour faire dédicacer par Franck Machu mon exemplaire de "20 000 rêves sous les mers", puis les "calypsonautes" y apposèrent également leur griffe.

 

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               (Raymond Coll, à la signature)

 

Un bien bel après-midi estival, en bord de plage, conclu par la traditionnelle photo de groupe.

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Retrouvez les photos dans les albums dédiés à notre « Calypso Day » :

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 12:44

A l’initiative de Marc Langleur, et avec une dérogation temporaire de la Préfecture Maritime de Méditerranée, une plongée commémorative fut organisée, dans le sillage du commandant Cousteau, sur le site du Grand Congloué, sur la zone dite "interdite". Là où débuta l’extraordinaire aventure de la Calypso.

 

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1951 : suite à une information relatant la présence d’une pile de "vieux pots" au pied de l’îlot du Grand Congloué, Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas découvraient une épave antique, chargée de milliers d’amphores, coupelles et autres poteries. L’année suivante, avec l’organisation de fouilles archéologiques sur cette épave, la Calypso entamait la formidable carrière qu’on lui connaît. Firent partie de cette aventure des plongeurs dont les noms devinrent ensuite célèbres dans le petit monde de la plongée : Cousteau, Dumas, Beuchat, Falco, Laban, "Canoé" Kientzy …

 

14 juin 2014 : bonnets rouges, détendeurs Mistral, combinaisons noires à bandes jaunes, casques, masques et palmes "vintage"  étaient de sortie pour cette plongée commémorative, organisée le jour même des retrouvailles annuelles des anciens de la Calypso, à Marseille.

 

Sur le bateau, avait été conviée une quinzaine de plongeurs, des fans purs et durs, des photographes, des vidéastes, des blogueurs, des écrivains. Parmi ces privilégiés, le plongeur-journaliste marseillais Francis Leguen, Franck Machu, auteur de "Cousteau, 20 000 rêves sous les mers", Ryan Spence, collectionneur américain venu tout spécialement, Marc Langleur, initiateur du projet … C’est Mariuz Makowsky, de Massilia Plongée, qui fournissait la structure et son bateau, le Black Pearl. Pour plonger sur une zone interdite, quoi de plus judicieux que de s’y rendre avec le Black Pearl !

 

Pour cause de mistral et de houle, l’immersion se fit du côté Est du Grand Congloué. En partant avec la roche à main gauche, nous avons contourné l’îlot pour descendre vers la profondeur de 40 mètres, où nous avons trouvé les premiers vestiges des fouilles : la suceuse qui fut utilisée pour désensabler les amphores. Dans un piteux état, et en plusieurs morceaux, cet aspirateur a offert de curieux supports à l’installation de gorgones rouges. Les flashs crépitaient, les photographes prenaient des positions inédites pour saisir les meilleurs angles, malgré ces myriades de longues particules effilées, dues sans doute aux fortes chaleurs des jours précédents.

 

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En s’éloignant quelque peu de la roche, sur le sable, quelques formes anormales émergeaient. En tapotant légèrement, nous constations qu’il s’agissait de tessons de poteries : cols d’amphores,  morceaux de coupelles … tous fortement concrétionnés. Algues, éponges et ascidies avaient depuis longtemps pris possession de ces antiquités. Pour ma part, l’émotion était à son comble. Outre le tombant de gorgones que j’avais à peine regardé, ces "reliques" de suceuse et cette terre cuite bimillénaire valaient, à elles seules, le déplacement. C’était une plongée d’anthologie que nous vivions.

 

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Et que dire de cette petite raie bouclée (raja clavata) qui vint nous rendre visite au ras du sable, à 45 mètres. Peu habituée à voir des plongeurs, elle resta quelques minutes parmi nous, sans doute pour nous signifier que c’était là son domaine.

 

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Mais l’heure de quitter ces lieux de mémoire approchait, j’entamais ma remontée sur le tombant lorsque l’un de mes sujets préférés me tendit ses bras délicats : un gorgonocéphale, peu effarouché par toute cette lumière artificielle inhabituelle en ces lieux. Et pan, une minute de palier supplémentaire !

 

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Mais le spectacle ne s’arrêtait pas là, et la magie continuait d’opérer. Durant la lente ascension et les paliers de décompression, Christian, le "Mistralopithèque" assumé, offrait sa silhouette hors du temps aux photographes. Equipé vintage de la tête aux pieds, il semblait sortir d’un énième épisode de "Back to the future". Il nous jouait un remake du "Monde du silence". Cette posture méritait bien un petit bidouillage des couleurs !

 

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Je sortais la tête de l’eau encore tout ému. Le contexte de cette plongée, les personnes côtoyées sur le bateau et sous l’eau, les évènements encore à venir … Tout donnait à cette journée une saveur particulière, une allure de petite odyssée, dans le sillage de l’équipe Cousteau.

 

AFFAIRE A SUIVRE !

 

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 09:51

330 …

 

TROIS CENT TRENTE METRES DE PROFONDEUR !

 

Ça semble si irréel.

Et pourtant, un homme est descendu, en plongée autonome, à cette profondeur.

 

Samedi 31 mai, dans l’enceinte du centre Atoll Plongée à Marseille, le recordman de plongée profonde, Pascal Bernabé donnait une  conférence, ou plutôt proposait une rencontre entre passionnés pour évoquer cet exploit.

 

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La soirée débuta par la diffusion du film "330 mètres sous les mers", l’histoire de ce nouveau record de plongée profonde, diffusé sur France Télévision en mai 2012, et primé de nombreuses fois la même année. Le film passe en revue les précédents records,  la façon d’appréhender ce genre de plongée, la gestion des mélanges, la plongée spéléo, les différentes études scientifiques sur le sujet, la dangerosité d’une telle activité, les expériences de plongée profonde en caisson hyperbare avec le record établi à la COMEX en 1992, par Théo Mavrostomos, qui "voyagea" jusque 701 mètres, en 40 jours (descente et décompression comprises).

Les profanes en plongée "tek" découvrirent qu’en plongée profonde, l’hélium qui remplace l’azote responsable de la narcose, dans le mélange dit "trimix", peut aussi apporter son lot de dysfonctionnements. En effet, soumis à de fortes pressions, il provoque le Syndrôme Nerveux des Hautes Pressions (SNHP) : tremblements, secousses musculaires, nausées, vertiges, troubles visuels…

 

Plongeur spéléo, Pascal Bernabé s’était fait connaître en 1996, lorsqu’il accepta de descendre récupérer des robots de reconnaissance bloqués à 176 mètres, à la Fontaine de Vaucluse. L’idée de s’attaquer au record de profondeur commenca à germer, pour rapidement devenir une obsession, malgré les décès survenus dans le milieu des plongeurs profonds, et la perte d’un ami proche, malgré de nouveaux records qui repoussaient encore les limites.

 

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Après plusieurs tentatives avortées, l’équipe se retrouvait à Propriano, en Corse. Ce 5 juillet 2005, alors que les conditions météos étaient excellentes sur le Golfe de Valinco, il était à deux doigts de laisser tomber (sujet qu’il évoquera lors de la discussion avec l’auditoire), à ces doutes s'ajoutait un problème technique survenu avant l’immersion. Tous les ingrédients étaient réunis pour renoncer une fois encore. Mais la longue préparation, les bonnes conditions climatiques, firent pencher la balance vers la décision de tenter le coup. Fort de ces nombreuses descentes au-delà de 150 mètres depuis 1996, il a appris à gérer tous les petits problèmes qui peuvent survenir. Bien lui en a pris, car après treize minutes de descente, il atteignait 330 mètres de profondeur. C’est à ce moment-là qu’une lampe implosait sous l’effet de la pression et lui éclatait le tympan droit. Passé en mode "problèmes", il géra sa remontée comme prévu, et ressorti au bout de huit heures de supplice.

La séquence (reconstituée) de l’arrivée à la profondeur visée déclencha quelques applaudissements dans l’assistance.

Après la projection, Pascal Bernabé répondit à toutes les questions : la gestion du risque, la planification, la longue préparation, les différents échecs, l’obsession, les doutes, le côté très personnel, voire égoïste de ce genre de record, la plongée spéléo …

Les records de Pascal Bernabé et Théo Mavrostomos sont toujours d’actualité. Ainsi qu’il est dit dans le film, les deux hommes sont toujours "au sommet des profondeurs".

 

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Mais cette soirée fut aussi l’occasion de faire la connaissance en "vrai" de personnes rencontrées sur les réseaux sociaux : des plongeurs tek, des fondus d’épaves Bretons, Parisiens, Corses, Sudistes … notamment la squadra des Chasseurs d’images de Corsica Photosub.

 

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Retrouvez le fil de l’exploit :

http://pascalbernabe.com/WordPress/?p=532

 

Les vidéos disponibles :

http://www.dailymotion.com/video/xo6h12_330m-sous-les-mers-extrait-documentaire_sport

http://www.dailymotion.com/video/xldu9q_teaser-330-metres-sous-les-mers_sport

http://www.dailymotion.com/video/xnnvvy_bande-annonce-du-documentaire-330-m-sous-les-mers_tv

 

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 21:05

Conférence de Jean-Pierre Joncheray, 17 mai 2014, Camaret (Vaucluse)

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L’idée de plonger sur le Pourquoi Pas ? est née en 2011, au sein d’un groupe de plongeurs normands, passionnés d’épaves. Mais ne plonge pas qui veut sur le navire du Commandant Charcot. Anne et Jean-Pierre Joncheray, éminents archéologues sous-marins, étaient la caution scientifique indispensable à cette équipée. C’est Monsieur qui présentera le projet auprès du DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) et de l’Agence du patrimoine culturel d’Islande. Cette expédition eut lieu en été 2013.

 

Il est venu nous relater cette aventure, invité par Marc Langleur, de "Bulles de Rêves", avec l'appui du club spéléo de Camaret. Les premiers arrivés eurent la chance de pouvoir échanger avec lui, et lui faire dédicacer certains de ses ouvrages. Pas avare de paroles, il a distillé certaines anecdotes amusantes.

 

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Jean-Pierre Joncheray débuta son exposé par un rapide résumé de la vie et de la carrière du commandant Charcot, en insistant sur l’avant, le sud et l’Antarctique, et l’après, le nord et l’Arctique. Jusqu’au naufrage et au décès du « gentleman des pôles », le 16 septembre 1936.

 

Le Pourqoi Pas ? quittait Reykjavik, en direction du Danemark, puis Saint-Malo, sur une mer belle et calme, mais l’arrivée subite d’une extraordinaire tempête poussa le navire vers le nord, où il se fracassa sur le récif de Hnokki. Il sombra alors que Charcot avait fait jeter les ancres pour le stabiliser. Il n’y eut qu’un seul survivant qui, accroché à un débris, une échelle de coupée, gagna la côte où il fut recueilli par les autochtones. JP Joncheray souligna que les Islandais avaient une grande vénération pour Charcot, et de ce fait, le cimetière de Reykjavik, où reposent les marins du Pourqoi Pas ? est très bien entretenu.

 

L’épave fut très peu visitée depuis la catastrophe, notamment en 1961 par des plongeurs islandais qui remontèrent certaines pièces, en1984 par l’archéologue Jean-Yves Blot, puis en 2002 et 2006. Malgré ces visites, aucun relevé scientifique ne fut établi. Avant l’expédition de 2013, l’emplacement de l’épave n’était pas facile à retrouver. Le seul amer conséquent était un volcan situé à 50 km. En septembre 2012, c’est avec un hélicoptère que l’épave fut recherchée, à partir de vagues indications.

 

Présente quinze jours sur les lieux, mais les conditions météorologiques n’étant pas toujours au beau fixe, l’équipe ne put plonger que trois jours, par une température extérieure oscillant entre 0 et 20 degrés, et une eau à 8 degrés. Les conditions de plongée ont été très difficiles : outre la température, la visibilité estimée à 3-4 mètres et la luminosité pouvaient varier d’un moment à l’autre. Sans compter les vents et courants. La faible profondeur, entre 13 et 14 mètres, était cependant un atout.

Quant à l’épave, il n’en reste pratiquement plus rien, toute l’armature en bois a disparu. Ne restent que les pièces métalliques, très bien conservées, très peu concrétionnées. Peu de poissons vivent en ces lieux, surtout colonisés par les échinodermes. Quelques phoques ont fait leur apparition en présence des plongeurs.

 

En partant de l’arrière, les plongeurs ont pu reconnaître l’hélice, l’arbre d’hélice, le moteur, la chaudière, les bossoirs, les systèmes d’amarrage, les ancres, la chaîne, ainsi que du matériel scientifique, des hublots, des batteries, des ustensiles de la vie courante. De nombreuses pièces retrouvées n’ont pas pu être identifiées. L’ancre principale fut découverte à 150 mètres de l’épave, toujours accrochée à sa chaîne, tendue, et retrouvée au milieu des laminaires. La deuxième ancre fut retrouvée plus près, mais cassée. Ici, aussi, cela restera un mystère. L’épave fut laissée en l’état, rien ne fut remonté.

A la suite de cette expédition, un rapport fut remis aux autorités françaises et islandaises.

 

L’exposé ce fit devant un aréopage d’une bonne cinquantaine de personnes, concentrées et passionnées. L’archéologue se permit même quelques traits d’humour quand il précisa que lui, il plongeait sans gant. Ensuite, il répondit gentiment aux questions du public. La soirée se termina autour du pot de l’amitié, les sollicitations ne s’atténuant guère avec le verre à la main.

 

 

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             Jean-Pierre Joncheray et Marc Langleur, le Master of Ceremony, avant les questions du public.

 

 

Vidéo tirée du site corsairedango.fr

 

BLOC-Notes :

 

Pour en savoir plus sur Charcot et le Pourquoi Pas ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Charcot

http://corsairedango.fr/escapades/islande/islande-1.html

http://www.pourquoi-pas.ch/carnet/pages_auxiliaires/photos_pour_pas.html

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 15:45

  C’est un truc que tout plongeur redoute : caisson = accident !

  On y va rarement de bon cœur, et pourtant, lorsque l’ami Marc me proposa un "baptême" caisson, je sautai sur l’occasion de faire une plongée un peu inhabituelle. Par contre, faut avouer qu’après Cuba, ça manquait cruellement de poiscaille !

 

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Nous voilà donc, en ce mardi 13 mai, dans les locaux de la Polyclinique Urbain V d’Avignon, au Centre d’Oxygénothérapie Hyperbare. Sous la houlette du Docteur JJ Albertini, responsable du service, qui nous servit donc de DP, nous allions effectuer une plongée à 30 mètres, au sec … ou presque. Laissant à l’extérieur appareils photos, briquet, montres … nous nous engouffrions dans le méga bloc, pouvant accueillir jusqu’à huit personnes assises. William, ancien para, ancien ambulancier, reconverti en manipulateur de caisson hyperbare, était notre pilote. C’est lui qui géra la "machine" de bout en bout (ne cherchez pas un quelconque jeu de mots dans cette fin de phrase). Devant son ordi, et grâce à une caméra placée dans le caisson, il put nous voir et nous entendre durant toute la plongée A bord du caisson, le Docteur T. Durney fut notre guide de palanquée, pour nous expliquer toutes les étapes de l’expérience.

 

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Une fois bien installés, les portes bien fermées, la plongée put débuter. Les sensations diffèrent là de celles connues en plongée "mouillée" : l’eau, l’environnement, le vent, les vagues et le courant inexistants, tout cela jouant, en temps normal, sur le comportement du plongeur. Ici, aucun risque de manquer d’air, de se perdre, les signes manuels sont totalement inutiles, l’ivresse des profondeurs autorisée … par contre l’équilibrage des oreilles se fait constamment, les doigts ne quittent pas le nez jusqu'à l'arrivée. Et à l’inverse du milieu sous-marin, la température augmente à la descente. A trente mètres, la température est montée à 30 degrés, l’air comprimé montant en température, comme un bloc que l’on vient de gonfler. A la transpiration (phénomène peu connu en plongée à cette profondeur), est venu s’ajouter l’aspect le plus drôle de l’expérience : la voix de canard ! La pression jouant sur les cordes vocales, le timbre de la voix se déforme.

Nous nous en sommes donnés à cœur-joie. Les rires nasillards répondaient aux vannes fusant de toutes parts. Certains auraient-ils narcosé ?

Ce fut une autre histoire à la remontée. La température est redescendue et le brouillard est apparu, nous sommes passés des tropiques au fog londonien, en quelques minutes. Ceux qui avaient ôté une couche de vêtement firent l’opération inverse. Nous avons bien perdu vingt degrés dans l’histoire !

 

On peut se poser la question de l’utilité d’un caisson hyperbare si loin dans les terres, Avignon ne se situant pas près de la mer, aux dernières nouvelles.

L’intérêt principal de l’oxygénothérapie hyperbare est d’accroître de façon très importante le taux d’oxygène dissous dans les liquides de l’organisme. On en tire un bénéfice considérable dans le traitement de nombreuses pathologies : chirurgie de revascularisation, embolie gazeuse, ulcères diabétiques, arthrites, plaies diverses, greffes osseuses … et bien sûr accidents de plongée. Même si ce n’est pas là, la principale utilisation. Selon les pathologies, les patients peuvent être suivis pendant des mois.

Le caisson, éprouvé pour "descendre" à 50 mètres au départ, a été ré-éprouvé en 2002. Rempli d’eau, il a subi une pression deux fois supérieure à la pression de service, soit 12 bars. Il fut déclassé à 30 mètres, afin de ne plus avoir à subir cette ré-épreuve tous les 10 ans. A 30 mètres, il peut toujours gérer l’ensemble des pathologies.

 

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Bien guidés par notre chef de palanquée et notre pilote, nous sommes ressortis entier et en pleine forme, nous avons très largement respecté nos paliers, à six mètres, puis à trois. A voir la courbe ci-dessous, on peut parler d’une plongée carrée !

 

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 20:14

Ah … Cuba !

Les Jardins de la Reine …

Requins, croco, tortues, tarpons, iguanes …

Quinze plongées,  quelques séances de snorkeling …

Plus de 2000 photos, une centaine de vidéos, sans compter la Gopro …

 

Je suis encore en pleine digestion !

Ou en pleine dépression post-transatlantique.

 

A chaque fois que je me replonge virtuellement dans les eaux caraïbes, je me dis que nous avons vécu quelque chose d’exceptionnel.

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Que dire de plus ?

Je pense avoir fait le tour lors de mes précédentes publications sur les requins soyeux, les requins "caraïbes" et le croco. Les souvenirs s’entrechoquent : envol de raie pastenague, vol  de raie léopard, apparition furtive d’un requin juvénile (sans doute un citron) dans la mangrove, patrouille d’un vieux et énorme mérou aux allures de cœlacanthe, procession de tarpons, rencontres de reptiles, rongeurs et crustacés sur la plage, couchers de soleil flamboyants, feuilles de menthe au rhum attisées  …

 

 

(http://www.dailymotion.com/video/x1un80v_come-fly-with-me_animals )


 

( http://www.dailymotion.com/video/x1uuken_mini-t-rex_animals )


 

(http://www.dailymotion.com/video/x1uuvbe_soldier-crab-gardens-of-the-queen-cuba_animals )

 

 

Et surtout un groupe plutôt sympa. Pas le casse-c … de première, pas la geignarde de base, que l’on rencontre à coup sûr à chaque voyage. Beaucoup de photographes ou vidéastes, mais malgré tout, personne n’eut trop à se plaindre des interférences inévitables dans de telles circonstances. Certains viendront bien sûr râler à propos de la Gopro qui apparaît subitement dans le cadrage de la vidéo, du dôme fisheye qui semble vouloir dégager tout le monde sur son passage, du plongeur (ou plongeuse) qui se sent obligé de faire le clown devant la caméra en toutes circonstances … ou du requin qui est passé trop près, de la tortue qui nage trop vite, des blocs trop gonflés, des plongées trop longues, de l’eau trop salée, et du soleil qui tape trop fort.

 

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Pour conclure, je ne peux que conseiller cette destination à quiconque serait tenté par l’aventure. Cette proximité avec les squales restant l’atout number One des lieux.

Bien sûr, le reef n’attire pas le regard comme en Mer Rouge. L’explosion de couleurs n’existe pas ici. Tout est jaune : le sable, la roche, les algues, les coraux, les gorgones, les éponges, les éventails de Vénus, les poissons …

 

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Mais l’œil reste attiré par la murène verte ou le mérou au nettoyage, par la langouste qui se réfugie prestement dans son antre, par le dansant juvénile de chevalier ponctué, par le repos du poisson savon, par le rémora qui croit avoir découvert, à l'approche d'un plongeur, un nouveau taxi ...

 

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( http://www.dailymotion.com/video/x1umvth_cleaning-time-cuba-2014_animals )

 

 

( http://www.dailymotion.com/video/x1ums2f_dancing-young-fish_animals )

 


Pour ce séjour, l’ami Pascalou m’avait fait confiance et laissé sa Gopro, une Hero 3, qui a bien failli voir son existence prendre fin dans l’estomac d’un requin. La dernière vidéo que je vous propose a été entièrement réalisée avec des images de l’appareil en question. La caméra était tantôt fixée sur la platine de l’APN, tantôt fixée à  sa perche, pour aller au plus près de l’action.

 

Voyez par vous-même que ♪♪♪  parfois nous pouvons avoir un bon feeling avec les animaux sauvages, ♪♪♪ le genre de sensations que l’on n’a jamais connues avant … ♪♪♪

 

" GOPRO Session "

 

( http://www.dailymotion.com/video/x1umibk_gardens-of-the-queen-cuba-2014_sport )

 

 

                                                                      A CUBA MATATA !

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 18:32

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Depuis peu, je suis rentré sur un site de photographes "underwater".

Retrouvez mes clichés sur Scubashooters.net.

http://www.scubashooters.net/index.php?s=scuba-diving&act=display&iduser=475

 

 

C'est mon croco qui a retenu l'attention :

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Bloc18 Bloc 18 - dans infos
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 21:39

Si on m’avait dit qu’un jour je me mettrais à l’eau, et de mon propre chef, avec un croco, j’aurais sans doute décliné l’invitation. Autant le requin ne m’effraie pas plus que ça, autant le croco, c’est comme le lion dans la savane, on se méfie !

Mais ce jour-là, au retour de deux extraordinaires plongées parmi les requins, le croco nous attendait sagement, à proximité du bateau couchette, parqué dans un chenal au sein de la mangrove. Rencontre magique, tant espérée par Pat-Sharky, qui ne l’avait pas vu lors de son précédent séjour. C’était la Cerise sur le gateau !

 

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Premier reflexe : demander au dive-master s’il est possible de se mettre à l’eau.

Un seul conseil : s’il s’approche et se montre agressif, le repousser avec le caisson de l’appareil photo.

Ni une, ni deux, palmes, masque et tuba ajustés, nous voilà prêts à repartir.

 

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Le hic, c’est que mon Canon dédié à la photo sous-marine était à cours de batterie, après les folles plongées précédemment citées. C’est donc avec un petit APN submersible, grand et épais comme un téléphone portable que je me glissais dans l’eau. Avec binôme Air-One, nous étions les deux premiers à affronter la bête … de deux mètres maxi ! Je me servis de lui comme d’un bouclier humain, car il était armé de son caisson Mangrove (ça ne s’invente pas), dans lequel était logée sa caméra.

 

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Nous sommes restés un long moment avec le saurien, avant qu’il ne disparaisse dans un épais "nuage de poussière". Il a fallu s’écarter car on ne le voyait plus, mais lui savait pertinemment où nous étions. Par chance, un second, un peu plus grand est apparu, comme par enchantement. Nous nous sommes remis en chasse. Il nous amena dans les racines des palétuviers, sachant que là, nous n’irions pas plus loin. Nous y fûmes rejoints par une horde de snorkelers photographes. Adieu la tranquillité !

 

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L’aventure ne s’arrêtait pas là puisqu’au retour de la plongée de l’après-midi, avec Air-One nous retournâmes causer au reptile. Cette fois, le Canon était opérationnel, et je m’en donnais à cœur-joie : sous toutes les coutures, sous tous les plans, dans toutes les positions !

 

 

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L’animal se plaisait si bien avec nous qu’il tenta même de monter sur le bateau, et se mit dans une position idyllique pour des plans vidéo hors-pair.

 

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Le lendemain, alors que je scrutais la mangrove à la recherche de crocodylus acutus  (croco américain, un comble pour Cuba), je le vis perché sur des branches immergées. Je le rejoignis, seul, comme un grand.

 

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A mon arrivée, il décolla de son repaire et longea la végétation. A un moment, il se tourna vers moi, et s’approcha en ouvrant légèrement la gueule. L’aubaine ! Je déclenchais à tout-va.

 

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Mais il continuait de s’orienter vers moi, la gueule s’ouvrant davantage. Sans réfléchir, j’appliquai LA consigne, et lui filai un coup sur le pif, avec la lentille grand-angle du caisson.

Et là, j’eus la frayeur de ma vie … car il m’avait à l’œil.

 

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Il se retourna d’un coup sec et plongea droit vers mes jambes. Je mis un coup de palmes express pour me dégager et m’éloigner, alors que j’entendais les grands courageux, restés à bord en observateurs, s’esclaffer. Il reprit son parcours, avec moi, toujours à ses trousses, bientôt rejoint par une nouvelle horde de photographes. Il disparut dans l’enchevêtrement de racines.

 

Le palpitant reprenant le cours normal de ma vie, je rentrais, avec une cargaison de photos, le croco se coltinant mes successeurs.

 

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Le dernier soir, alors que la nuit était bien tombée sur le camp de base où nous étions revenus, on nous proposa d’aller voir le seigneur des lieux, un monstre de plus de cinq mètres. Alors que je demandais (pour le fun) si je pouvais prendre mes palmes, le gars de l’équipage me fit non de la tête en sortant ses yeux des orbites. Effectivement, il était bien monstrueux, et d’une épaisseur à faire peur. Je m’imaginais le repousser avec mon caisson !

 

 

La vidéo qui va bien :

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x1rx82c_croco-diving_travel

 

 

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:15

A l’opposé des requins soyeux, les requins de récif des Caraïbes (carcharhinus perezi), ceux que nous appelons les "Caraïbes", animent les plongées en profondeur. Remontant rarement vers la surface, ils déambulent sur le reef et les étendues de sable, viennent facilement à notre rencontre mais sont moins "familiers" que leurs homologues. Pas de frottement, pas de frôlement comme les soyeux, ils ont une nage paisible, évitent les contacts, se rapprochent mais en gardant une certaine distance.

 

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Sur quinze plongées, nous les avons rencontrés dix fois, souvent dès la mise à l’eau, dans dix mètres de profondeur. Nous avons compté jusque quinze individus lors d’une plongée à 30 mètres. Ceux-ci nous ont ensuite suivi jusqu’au bateau.

Il n’était pas rare de se concentrer sur le récif, de prendre quelques clichés ou de filmer des carangues, mérous ou tarpons et de voir passer un "Caraïbe" dans le champ de vision. Toujours un squale pour venir faire son intéressant.

 

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Pour une plongée, le guide nous proposa d’apporter un appât dans une boîte dédiée, pour les voir au plus près nous tourner autour. Un petit débat s’engagea alors parmi les plongeurs. Pas trop fan de ce genre de pratique, je trouvais que les requins étaient déjà bien présents, était-il nécessaire de leur fournir de la bouffe ? Mais nous arrivâmes à un consensus : il n’apporterait du poisson qu’une seule fois pour nous montrer l’agitation autour de la boîte. De ce fait, les requins étaient effectivement bien présents sur le site, tournant autour du groupe, ou le transperçant comme une flèche, et resserrant petit à petit l’étreinte autour de la boîte. Et finalement, lorsque le guide ouvrit la précieuse, c’est un mérou qui fut le plus rapide pour engloutir l’appât.

 

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Resté un peu à l’écart, je préférais observer les requins s’approcher de nous, c’était plus sympa pour n’avoir "que" des photos de requins. Les voir sortir du Bleu, s’approcher dans une sorte de danse langoureuse, puis slalomer entre les bruyants intrus bulleurs …

 

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Les "Caraïbes" étaient si présents, que les photographes et vidéastes ne savaient plus où donner de la tête. Les distances, les postures, le nombre, les tailles, la profondeur, la vitesse … tout s’offrait à nous pour réaliser des clichés inoubliables.

 

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Et observez leur nage langoureuse ici :

 

http://www.dailymotion.com/video/x1r7yqo_reef-sharks-cuba-2014-queen-s-gardens_travel

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 17:57
 

Alors que le speed-boat filait droit vers le lieu de notre seconde plongée du séjour, je demandais au dive-master Joël si les Requins Soyeux, à qui nous rendions visite, seraient effrayés ou excités par les flashes des appareils photos. Aucunement me répondit-il. Les Soyeux sont très curieux et peu craintifs. J’ai même cru comprendre dans son anglais teinté d’un fort accent espagnol, qu’ils étaient surnommés les « Sweet Sharks ». Les Doux Requins, why not ?


Nous avons, au cours de notre présence dans les Jardins de la Reine, plongé deux fois avec cette espèce de requins, le Carcharhinus Falciformis des latinistes. Et j’ai découvert un nouvel et fort intéressant aspect de la plongée : "The Sharks-Deco Diving", la plongée à paliers-requins. Parce que par deux fois, suite à une petite balade de vingt minutes sur le récif à vingt ou trente mètres de profondeur, nous avons effectué un palier de 25 minutes, sous le bateau, au milieu des Soyeux qui nous tournaient autour comme une meute de loup autour d’agneaux esseulés.

 

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Pour être précis, sur le premier site du nom de "Paipain", nous sommes descendus sur le récif à la recherche des Requins de Récif des Caraïbes (Carcharhinus Perezi), alors que deux Soyeux étaient là dès la mise à l’eau. Des "Caraïbes", nous en avons croisé deux à vingt mètres, quelque peu craintifs, et qui gardaient leur distance. Pas comme les mérous qui s’approchaient toujours un peu plus des plongeurs à chaque passage. Attendaient-ils quelques friandises de notre part ? En remontant le long de la roche, à dix mètres, trois Soyeux faisaient leur apparition, très vite rejoints par deux autres, comme pour nous raccompagner vers la surface.

 

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Ensuite, ce fut "Showtime" !

Huit Soyeux s’étaient donné rendez-vous sous le bateau. A passer et repasser à proximité, à nous foncer dessus pour bifurquer dans le tout dernier mètre, à nous frôler, à se frotter, à nous "caresser" ... A aucun moment, nous ne sous sommes sentis en danger tellement ils semblaient doux. Joël avait donc raison !

 

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Tellement doux que nous avons eu du mal à refaire surface au bout d’une heure. D’autant plus qu’avec les premiers plongeurs s’accrochant aux échelles, les requins redoublaient de hardiesse, et tout juste s’ils ne les gênaient pas dans leurs mouvements pour se déséquiper.

 

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Nos nouveaux amis ne nous lâchaient plus, ils passaient tellement près que je devais faire un mouvement de recul pour prendre certains clichés. Ca arrivait de partout, par des "move" si fluides qu’on avait l’impression qu’ils glissaient vers nous. Venant de gauche ou de droite, dans le dos, face à nous, par le dessous ou juste au-dessus de nos têtes, ces beaux bébés, dont les plus grands atteignaient trois mètres de longueur, nous offraient des prises de vue inimaginables.

 

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Et ce fut la même chose pour l’autre plongée parmi eux. Sur le site d’El Farallon (que l’on pourrait jumeler avec le site marseillais des Farillons), cinq soyeux nous attendaient à la mise à l’eau. Mais ce n’est qu’après vingt minutes passées à 20 mètres, après la visite de deux canyons à 30 mètres, que nous avons pu rejouer avec eux. Cette fois, le guide avait mis à l’eau une boîte à appâts vide, mais qui suffit à faire son effet. Ces requins ont sans doute pris l’habitude d’être appâtés voire même nourris dans le passé, et seul le bruit du bateau ou une boîte métallique aiguisent leurs sens.

Donc même topo cette fois encore : 25 minutes de "palier" sous le bateau en compagnie d’une dizaine de requins. Ils me sont passés si près que je me suis même permis de pointer le doigt lors d’un contact très rapproché, et l’aileron est venu se frotter. Je ne suis pas un farouche partisan du jeu de touche-touche avec les requins, mais là, c’était vraiment tentant. On aurait dit des chats venant se frotter et réclamant des caresses. Alors que je m’attendais à du papier abrasif, c’est sur une peau vraiment très douce que mon doigt s’est posé. "Douce", le mot s’est écrit de lui-même, tout naturellement, Joël était décidément dans le vrai.

 

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J’avais déjà plongé en présence de requins, en Mer Rouge où requins de récif et requins marteaux sont les hôtes des Iles Brothers et Daedalus, mais jamais les squales n’étaient passés, et repassés, aussi près. Ils s’étaient quelque peu approchés mais avaient gardé leur distance, toujours. Je me souviens même avoir écrit qu’il s’agissait de l’une des plus belles plongées de ma vie.

Quitte à me répéter, ces immersions parmi les Soyeux sont, à ce jour, ma plus belle expérience de "Shark Diving".

 

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Continuons de jouer avec les Soyeux

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x1qmba3_sharks-deco-cuba-2014-queen-s-gardens_animals

 

 

Les photos dans les albums dédiés :

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                                                                                                                                                                  A SUIVRE … 

 

 

 

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 14:05

Il y a deux ans déjà, l’ami Pat-Sharky nous avait fait saliver à son retour de Cuba. Il était parti voir du requin, et il en avait eu pour son argent. En endossant le rôle de GO, il nous organisa, cette année, ce séjour, et son retour, dans les Jardins de la Reine, archipel protégé au sud de l’île de Cuba.

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Ces Jardins, ce sont 250 îlots qui offrent une biodiversité exceptionnelle, préservée par un statut de parc marin depuis 1996. Les 2170 km2 constituent un véritable labyrinthe de mangroves et de canaux d’eau limpide. Les seuls occupants humains de ces lieux sont les gardiens du parc, les employés d’Avalon, seul organisme autorisé à y plonger, et les 500 plongeurs admis annuellement. Dois-je vous confirmer que l'on se sent comme des privilégiés ?

 

Le but avoué de ce voyage était tout de même de se goinfrer, que dis-je ?... de se gaver de squales, jusqu’à plus soif, sachant que les deux principales espèces hantant les lieux sont les Requins de récif des Caraïbes (carcharhinus perezi), communément appelé Requins Caraïbes, et les Requins Soyeux (carcharhinus falciformis). Les Requins Nourrices (ginglymostoma cirratum), ainsi que les pastenagues américaines (dasyatis americana) et les raies léopards (aetobatus narinari) peuvent aussi égayer les plongées.

 

Après un voyage des plus éprouvants : environ 14 heures d’avion, une nuit à l’hôtel, puis un départ à 4 heures du mat’ pour 6 heures de bus, et enfin 3 heures de bateau-taxi, nous sommes arrivés à destination dans un état pitoyable. Au sein d’un chenal au beau milieu de la mangrove, notre bateau couchette nous attendait. Et le coup foireux qui achève en arrivant : ce n’était pas le bateau réservé ! Au lieu de « La Reina » pouvant accueillir six plongeurs, nous avons hérité de « Los Caballones », prévu pour dix. Et nos blocs de 15 litres réservés depuis bien longtemps … passés à la trappe. Sur place, ils font un peu comme ils veulent. Donc ils ont regroupé tous les gens prévus pour cette semaine sur un seul bateau, et des 12 litres pour tout le monde. Nous attendons quelques explications à ce sujet.

 

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Pas de plongée le jour d’arrivée, mais une petite mise en bouche avec une séance de snorkeling sur des langues de sables et quelques herbiers de phanérogames, à partir d’une plagette qui donne sur le large. A peine 30 secondes à patauger que déjà une petite pastenague américaine fait son apparition et me gratifie de son envol dans un mètre d’eau.

 

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Le premier briefing du guide Joël me laissa pantois. En effet, il expliquait leur façon de fonctionner en annonçant que le groupe plongerait toujours ensemble, une sorte de grande palanquée avec un guide et un serre-file, pour des plongées de 45 minutes avec 50 bars sous le bateau ! Cela ne s’annonçait pas terrible-terrible. J’avais déjà fait l’expérience de la grande palanquée, ce ne fut pas mon meilleur souvenir.

Dès la check-dive, mes doutes se dissolvaient dans l’eau à 28°C. En effet, une monstrueuse palanquée de 12 s’étalait le long du premier récif visité. Adieu le sacro-saint principe du binôme, c’était chacun pour soi, seuls les couples restaient en duo. Pas de requin pour cette première immersion, le guide voulait surtout voir à qui il avait affaire. Le serre-file n’était pas là pour pousser les retardataires et ne faisait que montrer la direction. Et la plongée dura 50 minutes, et l’aiguille du mano, je préfère ne pas en parler. Là, nous étions rassurés.

Je redécouvrais, lors de cette plongée, le récif caraïbe : éponges barriques, gorgones arborescentes, cathédrales de corail, éventails de Vénus, poisson anges, trompettes ... Et je faisais la connaissance avec les récents arrivés, les poissons lions, véritables plaies pour le biotope local.

 

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Le festival débuta dès la seconde plongée du jour, et ne s’acheva que cinq jours plus tard. Sur les quinze immersions dans l’archipel, seules quatre se firent sans requin. Et sur l’une des quatre en question, ce sont les pastenagues américaines qui prirent le relais.

La mise à l’eau de la seconde plongée se fit sur deux requins soyeux, l’ami Pat-Sharky basculant le premier pour pouvoir nous l’annoncer haut et fort. Nous entrions dans le vif du sujet, avec deux Soyeux, puis deux Caraïbes en maraude sur le récif à 20/25 mètres, et enfin huit Soyeux sous le bateau, pour une plongée de 60 minutes. Nous y étions pour de bon ! Les requins tant espérés se dévoilaient à nos yeux de gamins.

 

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Et tout le séjour fut de la même trempe. Partout des Caraïbes et des Soyeux, et partout des mérous qui venaient gâcher les photos en se faufilant entre l’objectif et le modèle squalidé. Plongez sur la Gabinière et vous serez émerveillés par les mérous … plongez aux Jardins de la Reine, et vous serez énervés par tous ces trouble-fêtes.

 

Malgré cette orgie de requins, pas une plongée ne ressemblait à l’autre : tantôt un récif à longer en dérivante, tantôt des langues de sables survolées par les Caraïbes, des canyons, des grottes, des bouts d’épave, des zones rocheuses, des requins nourrices (pour les plus chanceux), des tarpons, des tortues, des barracudas, des murènes vertes, des carangues, et toute la panoplie de poissons des Caraïbes, avec une très bonne visibilité malgré une eau quelque peu laiteuse par endroits.

 

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bloc--2-.jpg            Gang de carangues (carangues crevalles - caranx hippos)

 

Même les petites séances de snorkeling réservèrent quelques surprises :

une multitude de lambis à la démarche caractéristique, repérables par la trainée qu’ils laissent derrière eux.

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une raie léopard dans 2/3 mètres d’eau qui vint à ma rencontre en « volant » en cercle autour de moi.

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Mais le clou de spectacle, ou plutôt la cerise sur le gâteau, ce fut cette sympathique nage avec les crocodiles !

Parqué dans la mangrove, notre bateau recevait fréquemment la visite des reptiles. Il ne fallait pas nous prier pour nous voir tremper nos palmes et faire un bout de chemin avec les bestioles.

 

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Le spectacle n’était pas seulement sous l’eau mais aussi sur la plage, notamment lors de nos entre-deux du matin, lorsque nous faisions relâche parmi les craintifs iguanes et les curieux agoutis, espèce de gros rats à la bouille fort attirante.

 

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Les à-côtés de la plongée, à savoir les plaisirs de la bonne chair, nous ravissaient également : langoustes cueillies du jour et poissons frais à tous les repas. Le cuistot, avec le peu d’espace qu’il avait dans sa cuisine, s’en sortait comme un virtuose pour nourrir dix plongeurs affamés.

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                                                                                                                                                       A SUIVRE …

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 10:10

La journée printanière du lundi 17 mars nous mena à Marseille pour une plongée un tantinet spéciale.

 

Alors en voilà une comme je les aime : visi de malade, luminosité d’exception, pas de courant, pas de particule, pas de palier après plus d’une heure d’immersion à – 100 ans, dans la Grande Histoire.

 

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                        (photo Cédric Fournier)

 

Le truc sympa quand on connaît des gens qui connaissent des gens qui connaissent des gens, c’est que des portes s’ouvrent, et certaines des plus inattendues. Et cette fois, ce furent celles de la COMEX, entreprise experte en travaux sous-marins, dont le siège se situe à Marseille.

Saviez-vous que la COMEX recèle en son sein un Monument Historique ?

 

Le rapport avec le « Wreck Diving » me direz-vous.

En 1977, l’entreprise renfloua un sous-marin au large du Lion de Mer, à Saint Raphaël. Et pas n’importe lequel : l 'Alose.

L’Alose était un sous-marin de la Marine Nationale de la classe Naïade, qui compta jusqu’à vingt vaisseaux aux noms évocateurs de Phoque, Otarie, Esturgeon, Anguille, Bonite … C’est donc le plus vieux sous-marin français existant.

 

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Lancé en octobre 1904, il est désarmé en 1914, et finit sa carrière en 1917, comme cible pour l’aviation et l’expérimentation d’une nouvelle arme contre les sous-marins. Petit clin d’œil de l’Histoire, c’est le commandant Yves Le Prieur qui le coula le 28 mars 1918, en lâchant dessus deux bombes de 70 kg.

Et juste retour des choses, c’est un plongeur qui le localisa : en août 1975, Jean-Pierre Joncheray découvrait l’épave du sous-marin, par 53 mètres, empêtrée dans les filets de pêche. Il fut désenvasé et renfloué peu après, et c’est en février 2008 qu’il obtint le statut de Monument Historique.

L’Alose trône aujourd’hui au centre d’un parking, entouré d'engins crées par la COMEX.

 

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     (longueur 23.76 m pour 2.26 m de largeur)

 

J’entends déjà les esprits chagrins chouiner, comme quoi ce n’est pas une épave.

De 1917 à 1976, l’Alose fut effectivement une épave, planté à l’horizontal dans le sable varois. Découvert en 1975 par l’archéologue sous-marin, Jean-Pierre Joncheray, sa valeur historique lui valu d’être remontée en surface pour entamer une seconde vie, à l’air libre.

 

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                                       (photo d'époque amicalement fournie par le découvreur)

 

Et comment expliquer notre présence sur les lieux ?

C’est à la demande de J-P Joncheray que Marc, cité lors de ma plongée sur le Chaouen, devait prendre quelques photos de la bête. Ces clichés iront enrichir un ouvrage en préparation. C’est donc en petit comité que nous nous sommes rendus au siège de la COMEX, pour « plonger » sur cette épave.

 

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Notre plongée se déroula sans encombre, même si la palanquée se sépara très vite, oubliant les principes de sécurité de base. On osait à peine toucher la relique de peur qu’elle s’effrite, de nombreuses miettes de tôle jonchant la pelouse. Certes, l’épave manquait cruellement de vie : pas de gorgone, pas de concrétion ; faune et flore se résumant à l'herbier sur lequel repose le bâtiment, aux aiguilles tombées du pin voisin et aux guêpes qui ont élu domicile sous le plafond. L'épave reçoit, de temps à autre, la visite d’un (natif du) poisson.

 

 

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N’écoutant que son courage, Marc n’hésita pas à déroger à la règle du sacro-saint « on ne touche pas » pour sortir The cliché.

 

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Nous nous engouffrâmes même dans l’antre de la bête, où l'on ne craignait pas le palmage intempestif de son binôme. Aucun risque de se perdre dans un nuage de vase. Une fois dedans, nous nous rendîmes compte de l'exiguïté des lieux, où treize membres d'équipage œuvraient durant les immersions de  24 heures, et qui pouvait atteindre les 30 mètres de profondeur.

 

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Beaucoup de débris métalliques garnissent le sol, même si certaines pièces sont encore en place, comme ce moteur électrique qui servait à la propulsion sous-marine.

 

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Après avoir observé l’Alose sous toutes les coutures, nous avons terminé notre plongée sur les engins de la Comex et autres appareils sous-marins.

 

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                                  (module d’intervention profonde destiné à l’observation, 600m)



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                                    (tourelle de plongée Uranus 50, pour deux plongeurs, 460m)



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            (caisson de décompression russe)

 

Et pour finir, nous avons effectué notre palier de sécu au niveau de l’hélice de la Drôme, affalée à l’entrée de l’entreprise.

 

 

       

BLOC-Notes :

Toutes les photos sur

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En savoir plus :

http://sous.marins.musees.free.fr/index.php/france/alose?showall=1  

http://le-scaphandrier.blog4ever.com/avant-le-scaphandre-les-fusees-du-cdt-le-prieur 

 

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          (photo Cédric Fournier)

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 12:28

Malgré une visibilité très moyenne, quelques images ont mérité ce petit montage.

Alors, embarquez pour la visite du Liban :

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x1hi58i_epave-du-liban-marseille-mars-2014

 

Revoir l’article :

Wreck Diving : le Liban

 

Revoir les photos :

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 22:49

 IMGP0797.JPGProfitant d’une promesse d’un vendredi printanier, avec Binôme Air-One, nous sommes partis rendre une petite visite à Atoll Plongée, à Marseille.

Et avec Atoll, on voit de la tôle …

Y a qu’à demander !

 

Après le Chaouen dimanche dernier, c’est sur le Liban que Mariusz nous amena. J’avais déjà plongé sur le Liban, mais ça n’avait été qu’un survol, en direction des arches et du tombant des Farillons, au sud de l’île Maïre.
Pour l’occasion, nous étions rejoints par un plongeur de lac, qui a sans doute trouvé à la chaleur de l’eau (14°C), une touche tropicale.

 

Cette fois-ci, l’objectif clairement donné était de passer un maximum de temps sur l’épave.

Et ce fut fait : près de trente minutes passées sur la carcasse de ce paquebot coulé en 1903 suite à une collision avec un autre paquebot.

 

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Après une descente rapide, nous arrivions très vite sur les premiers vestiges, puis les chaudières, facilement reconnaissables, malgré une visi à peine meilleure que sur le Chaouen. Le temps de quelques clichés et nous prîmes la direction de la poupe, point le plus profond du site.

 

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Déambulant parmi les bouts éparpillés de la structure, à la recherche d’un hypothétique gros homard signalé dans le coin, nous arrivâmes sur ce qu’il reste de la poupe. La multitude de particules en suspension rendait la tâche du photographe peu aisée. Comme sur le Chaouen, le flash restait inutile une grande partie du temps. Nous remarquâmes tout de même que les structures métalliques ont été largement colonisées. Certes ce n’est pas ébouriffant, pas de profusion de gorgones rouges, nous ne sommes pas sur le Donator, mais des gorgones jaunes et rouges, des anémones, des éponges, des ascidies, des vers tubicoles, des doris, des étoiles de mer …

La poupe, bien que plus inclinée que le reste de l’épave, reste bien conservée. Elle repose à 36 mètres de profondeur.

 

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Sans nous attarder, nous attaquâmes le retour vers les chaudières, survolant des mâts couchés, diverses machines gisant sur le sable, visitant la cabine un peu à l’écart.

 

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Mais le temps filait et nous devions accélérer le train si nous ne voulions pas devoir remonter sans voir la proue. Quelques bossoirs sont encore en place (pour combien de temps ?), le siècle passé sous l’eau n’en ayant pas encore eu raison. A peine le temps de jeter un œil à la proue, fracassée contre la roche à 28 mètres, et nous voilà en train d’attaquer la remontée vers la grande arche où nous effectuâmes nos paliers.

 

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Plongeant au nitrox, j’eus juste une minute de palier affichée à mon ordi, mais les 14 minutes de binôme Air-One me parurent d’une longueur monotone. Cette attente me permit de m’intéresser de plus près à ces toutes petites anémones qui ornent les parois des Farillons, et qui sont beaucoup plus présentes en Atlantique qu’en Méditerranée. Elles recouvraient de très grandes surfaces, allant même jusqu’à rendre invisible les coquilles des nombreux bivalves accrochés à la roche.

 

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          (anémones bijoux, corynactis viridis)

 

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