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C’est un truc que tout plongeur redoute : caisson = accident !
On y va rarement de bon cœur, et pourtant, lorsque l’ami Marc me proposa un "baptême" caisson, je sautai sur l’occasion de faire une plongée un peu inhabituelle. Par contre, faut avouer qu’après Cuba, ça manquait cruellement de poiscaille !
Nous voilà donc, en ce mardi 13 mai, dans les locaux de la Polyclinique Urbain V d’Avignon, au Centre d’Oxygénothérapie Hyperbare. Sous la houlette du Docteur JJ Albertini, responsable du service, qui nous servit donc de DP, nous allions effectuer une plongée à 30 mètres, au sec … ou presque. Laissant à l’extérieur appareils photos, briquet, montres … nous nous engouffrions dans le méga bloc, pouvant accueillir jusqu’à huit personnes assises. William, ancien para, ancien ambulancier, reconverti en manipulateur de caisson hyperbare, était notre pilote. C’est lui qui géra la "machine" de bout en bout (ne cherchez pas un quelconque jeu de mots dans cette fin de phrase). Devant son ordi, et grâce à une caméra placée dans le caisson, il put nous voir et nous entendre durant toute la plongée A bord du caisson, le Docteur T. Durney fut notre guide de palanquée, pour nous expliquer toutes les étapes de l’expérience.
Une fois bien installés, les portes bien fermées, la plongée put débuter. Les sensations diffèrent là de celles connues en plongée "mouillée" : l’eau, l’environnement, le vent, les vagues et le courant inexistants, tout cela jouant, en temps normal, sur le comportement du plongeur. Ici, aucun risque de manquer d’air, de se perdre, les signes manuels sont totalement inutiles, l’ivresse des profondeurs autorisée … par contre l’équilibrage des oreilles se fait constamment, les doigts ne quittent pas le nez jusqu'à l'arrivée. Et à l’inverse du milieu sous-marin, la température augmente à la descente. A trente mètres, la température est montée à 30 degrés, l’air comprimé montant en température, comme un bloc que l’on vient de gonfler. A la transpiration (phénomène peu connu en plongée à cette profondeur), est venu s’ajouter l’aspect le plus drôle de l’expérience : la voix de canard ! La pression jouant sur les cordes vocales, le timbre de la voix se déforme.
Nous nous en sommes donnés à cœur-joie. Les rires nasillards répondaient aux vannes fusant de toutes parts. Certains auraient-ils narcosé ?
Ce fut une autre histoire à la remontée. La température est redescendue et le brouillard est apparu, nous sommes passés des tropiques au fog londonien, en quelques minutes. Ceux qui avaient ôté une couche de vêtement firent l’opération inverse. Nous avons bien perdu vingt degrés dans l’histoire !
On peut se poser la question de l’utilité d’un caisson hyperbare si loin dans les terres, Avignon ne se situant pas près de la mer, aux dernières nouvelles.
L’intérêt principal de l’oxygénothérapie hyperbare est d’accroître de façon très importante le taux d’oxygène dissous dans les liquides de l’organisme. On en tire un bénéfice considérable dans le traitement de nombreuses pathologies : chirurgie de revascularisation, embolie gazeuse, ulcères diabétiques, arthrites, plaies diverses, greffes osseuses … et bien sûr accidents de plongée. Même si ce n’est pas là, la principale utilisation. Selon les pathologies, les patients peuvent être suivis pendant des mois.
Le caisson, éprouvé pour "descendre" à 50 mètres au départ, a été ré-éprouvé en 2002. Rempli d’eau, il a subi une pression deux fois supérieure à la pression de service, soit 12 bars. Il fut déclassé à 30 mètres, afin de ne plus avoir à subir cette ré-épreuve tous les 10 ans. A 30 mètres, il peut toujours gérer l’ensemble des pathologies.
Bien guidés par notre chef de palanquée et notre pilote, nous sommes ressortis entier et en pleine forme, nous avons très largement respecté nos paliers, à six mètres, puis à trois. A voir la courbe ci-dessous, on peut parler d’une plongée carrée !